Superunknown

Superunknown

Soundgarden

19 / 20 1994 A&M Album / CD  Vinyle  K7 Audio

Chronique de Eddie (Xsilence) 20 / 20

Posté le 07/07/2008
Déjà la pochette : une forêt renversée sous une image floue d'un homme en train de hurler sur fond noir. Toute la mythologie de Seattle.
Soundgarden n'a pas sorti d'album depuis 1991 et le très métal Badmotor Finger, la vague grunge s'épuise, l'ambiance est à la dépression après le suicide de Cobain.
Le groupe connaît ici son plus grand succès commercial malgré son sujet plutôt glauque, les paroles traitent d'aliénation, de suicide, de dépendance à la drogue.
Coté musique, Superunknown marque une nouvelle étape dans le songwritting du groupe : le chant de Cornell est plus posé et ne part dans les aiguës qu'avec parcimonie; d'un autre coté les compos sont plus mélodiques qu'auparavant, plus complexes et sombres.
L'album est assez lent ("Fell on Black Days", "Mailman", "Fresh Tendrils", "4th of July"), les ambiances malsaines, étouffantes et psychédéliques. Un cri de rage contre l'aliénation que ressent le groupe. En témoigne le vidéo-clip de "Black Hole Sun" digne d'un Tim Burton. Michael Beinhorn réussit à condenser les compositions des 4 musiciens pour nous livrer un album très cohérent au niveau du son, permettant aux membres du groupe de se lâcher dans leurs envies.
Seul bémol, comme tous les disques de Soundgarden, Superunknown est un poil trop long. Une plus grande concision aurait permis une plus grande efficacité.
Mais c'est faire la fine bouche, ce disque étant l'un des sommets des années 90. Un niveau que le groupe ne retrouvera pas par la suite (le très moyen Down On The Upside). La fin des illusions chroniquée en 16 plages indispensables.

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