From Her To Eternity

From Her To Eternity

Nick Cave And The Bad Seeds

16 / 20 1984 Mute Album / CD  Vinyle  K7 Audio

Chronique de Boys24 (Xsilence) 18 / 20

Posté le 22/03/2007
Nick Cave et ses Bad Seeds s'inscrivent dans la lignée de groupes, qui comme Joy Division ou Suicide, ont décidé de considérer la musique comme un art, un moyen d'extérioriser des souffrances, et des émotions fortes. Ce premier album sorti en 1984, possède un certain nombre de qualités qui le rendre incontournable pour les amoureux de musique malsaine et dérangeante.

Abordant divers genre, du blues au rock psychédélique en passant par le punk, cet album ouvre une porte vers l'univers de Nick Cave, même si l'accessibilité de l'ensemble n'est pas mise ici. Il faudra bien plusieurs écoutes pour saisir l'ampleur de l'œuvre qui reste comme un des meilleurs disques indépendants des années 80. Dans ce disque on découvre les références de Cave avec ses excellentes reprises de "Avalanche" (Léonard Cohen) et de "In The Guetto" (Elvis Presley). Ils ont su rendre hommage à ces artistes qu'ils chérissaient tout en y apportant leur touche personnelle, et rien que pour ça on peut leur tirer le chapeau. Mais venons en à leur propre composition ! "Cabin Fever" est malsaine à souhait avec cette voix torturée et cette ambiance digne des pires films d'Hitchcock ! Monumentale et dérangeante, à l'image de l'album ! Le côté blues apparaît avec "Well of Misery" et sera récurrent sur des morceaux comme "Saint Huck" ou encore "The Moon Is The Gutter" mais en moins prononcé tout de même. Cette facette du personnage est une des plus intéressante car elle exhibe son talent d'interprète remarquable mais aussi sa vision moderniste du blues, genre peinant à se renouveler depuis fort longtemps. Et que dire de la magnifique et entêtante "From Her To Eternity" ? Ce morceau est parfait, un chef d'oeuvre. Les instruments rythmiques sont carrément fusionnés, guitare-basse-batterie comme joués par un seul homme, la mélodie de piano et la voix grave de Cave se posant sur l'ensemble. Magnifique ! Enfin, dernière facette... le côté crooner de Nick Cave qui illustre son talent pour l'écriture et qui transpire dans un morceau comme "The Moon Is In The Gutter". Une perle.

Bon si je devais faire un seul reproche à l'album c'est sur la longueur que je me pencherais. Un peu difficile à écouter d'une traite il faut bien l'avouer. Mais quand on aime on ne compte pas n'est-ce pas ? En tout cas accordez un moment d'attention à l'oeuvre de cet artiste barré mais hors norme. Comme on dit c'est la folie qui fait les grands homme !

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