Chronique de Abe-sapien (Xsilence)
Posté le 25/04/2007
Après avoir été salué comme un des groupes de rock anglais les plus influents des années 80, Killing Joke revient, en cette année 1994, pour enfoncer le clou avec le mystérieux Pandemonium. Ne faisant pas les choses à moitié, le groupe se dote d'un nouveau son et d'une hargne à faire pâlir n'importe quel groupe de métal.
Finis les sons plats et sans saveur des années 80. Geordie bidouille son matériel et sort un son métallique inédit. Spatiaux, acérés et saturés à l'extrême, les riffs explosent complètement l'espace sonore. Les différentes couches de guitares forment un énorme mur du son et donnent encore plus de relief à l'atmosphère mystique et habitée du groupe. Les synthés et samples sont eux aussi orientés dans une direction ésotérique. Les origines égyptiennes de Jaz Coleman ressortent plus que jamais par l'utilisation de sons arabes. Ceci couplé à des percussions et des cordes typiquement maghrébines rend l'ambiance générale de l'album complètement folle et flippante. La voix de stentor de Jaz Coleman vient déclamer par la dessus des textes crypto-magiques. Il profite également de cette renaissance pour utiliser des vocodeurs. On a constamment l'impression d'assister à une cérémonie mystique arabe. Cet album est vraiment unique en son genre et, rien que pour cette atmosphère hallucinée, vaut largement le détour.
Chaque morceau contient son lot d'éléments propres qui le rend complètement différent et original. L'ambiance change donc d'un bout à l'autre de l'album. "Pandemonium" et "Communion" sont assez lents et emplis d'une tension malsaine et d'un entrain communicatif. Ce dernier sert d'ailleurs toujours d'introduction de concert. Ces moments posés laissent la place à des déluges de folie furieuse: "Exorcism", "Black Moon" ou "Labyrinth" balancent du gros riff, appuyés par le clavier et la voix de prédicateur allumé de Jaz Coleman, on frise le délire total. "Millennium", doté d'un riff lourd et imparable et d'un refrain arabisant mène carrément à la transe. Un peu le pendant ésotérique d'un morceau de Ministry, l'ambiance est à nouveau gorgée de sensations magiques. Plus douce, "Jana" prouve que le groupe peut aussi composer avec une plénitude éthérée. La voix, même si elle est poussée sur les refrains, parvient à faire un peu redescendre la tension. Le son, si original, donne même une patine spatiale complètement inédite à ce morceau.
Killing Joke s'essaie sur la fin du disque à d'autres sons. Boîtes à rythmes et samples technoïdes font leur apparition sur "Whiteout" et "Mathematics Of Chaos". La folie de ces deux morceaux n'en est que plus décuplée. La ligne de chant du dernier morceau ferait d'ailleurs presque penser que Jaz Coleman a atteint le dernier stade d'un état de possession mystique.
Totalement unique, pour le groupe et la musique en général, ce disque magique est la preuve que le mélange des genres, effectué par des musiciens et compositeurs de génie, ne donne pas toujours un résultat indigeste. C'est bien l'apport des musiques arabes qui donne toute sa saveur à l'album. Jamais aucun groupe n'a réussi à installer une ambiance si magique et ésotérique. Les groupes de métal-gothiques paraissent encore plus pitoyable et ridicules comparés à ce chef-d'oeuvre. Mais Killing Joke n'étant pas le genre à se répéter, cette atmosphère ne sera plus utilisée qu'avec parcimonie sur les futurs albums.
Finis les sons plats et sans saveur des années 80. Geordie bidouille son matériel et sort un son métallique inédit. Spatiaux, acérés et saturés à l'extrême, les riffs explosent complètement l'espace sonore. Les différentes couches de guitares forment un énorme mur du son et donnent encore plus de relief à l'atmosphère mystique et habitée du groupe. Les synthés et samples sont eux aussi orientés dans une direction ésotérique. Les origines égyptiennes de Jaz Coleman ressortent plus que jamais par l'utilisation de sons arabes. Ceci couplé à des percussions et des cordes typiquement maghrébines rend l'ambiance générale de l'album complètement folle et flippante. La voix de stentor de Jaz Coleman vient déclamer par la dessus des textes crypto-magiques. Il profite également de cette renaissance pour utiliser des vocodeurs. On a constamment l'impression d'assister à une cérémonie mystique arabe. Cet album est vraiment unique en son genre et, rien que pour cette atmosphère hallucinée, vaut largement le détour.
Chaque morceau contient son lot d'éléments propres qui le rend complètement différent et original. L'ambiance change donc d'un bout à l'autre de l'album. "Pandemonium" et "Communion" sont assez lents et emplis d'une tension malsaine et d'un entrain communicatif. Ce dernier sert d'ailleurs toujours d'introduction de concert. Ces moments posés laissent la place à des déluges de folie furieuse: "Exorcism", "Black Moon" ou "Labyrinth" balancent du gros riff, appuyés par le clavier et la voix de prédicateur allumé de Jaz Coleman, on frise le délire total. "Millennium", doté d'un riff lourd et imparable et d'un refrain arabisant mène carrément à la transe. Un peu le pendant ésotérique d'un morceau de Ministry, l'ambiance est à nouveau gorgée de sensations magiques. Plus douce, "Jana" prouve que le groupe peut aussi composer avec une plénitude éthérée. La voix, même si elle est poussée sur les refrains, parvient à faire un peu redescendre la tension. Le son, si original, donne même une patine spatiale complètement inédite à ce morceau.
Killing Joke s'essaie sur la fin du disque à d'autres sons. Boîtes à rythmes et samples technoïdes font leur apparition sur "Whiteout" et "Mathematics Of Chaos". La folie de ces deux morceaux n'en est que plus décuplée. La ligne de chant du dernier morceau ferait d'ailleurs presque penser que Jaz Coleman a atteint le dernier stade d'un état de possession mystique.
Totalement unique, pour le groupe et la musique en général, ce disque magique est la preuve que le mélange des genres, effectué par des musiciens et compositeurs de génie, ne donne pas toujours un résultat indigeste. C'est bien l'apport des musiques arabes qui donne toute sa saveur à l'album. Jamais aucun groupe n'a réussi à installer une ambiance si magique et ésotérique. Les groupes de métal-gothiques paraissent encore plus pitoyable et ridicules comparés à ce chef-d'oeuvre. Mais Killing Joke n'étant pas le genre à se répéter, cette atmosphère ne sera plus utilisée qu'avec parcimonie sur les futurs albums.