Butter 08

Butter 08

Butter 08

17 / 20 1996 Grand Royal Album / CD  Vinyle

Chronique de Fico (Xsilence) 16 / 20

Posté le 21/06/2008
Les deux compères de Cibo Matto en compagnie du John Spencer Blues Explosion ! Qu'est ce que ça peut donner ? Déjà, une ambiance particulière, moite et parfois glauque... Le premier titre punk, rock, complètement psychédélique et survolté vous réveille et vous fait entrer dans le monde étrange qu'a composé cette belle symbiose. Le deuxième titre ("Shut Up") continue, avec une guitare wah wah funky, qui n'enlève en rien l'inquiétude ressentie à l'écoute du morceau. La basse lourde ralentit le tempo, les délires aux claviers vous donneront envie de danser le rock, même si vous êtes tout seul chez vous. Le troisième titre est un peu un niveau en dessous, beaucoup moins énergique et moins envoutant, ce qui vous permet de vous resservir un whisky en vous préparant pour le prochain titre : "Dick Serious". Rock'n roll en fusion, vous ne tenez plus en place, le trombone donne un punch formidable et s'il n'avait pas été là, il aurait fallu l'inventer. La guitare et le clavier, en folie, vous ont fait renverser votre whisky. Et puis vous avez besoin de vous reposer après tout ça. Parfait, voila "How Do I Relax" qui arrive. Moins énergique, il développe néanmoins avec toujours autant d'efficacité cet univers cramoisi.

Euh, pour la suivante, préparez vous à sauter partout et à casser au moins une ou deux babioles... "It's The Rage" porte bien son non. On peut tout de même trouver que le titre s'enchaine mal par rapport au précédent. Et aussi par rapport au titre suivant, qui est loin d'être le meilleur titre de l'album. "Mona Lisa", que Miho Hatori entonne pendant quatre bonnes minutes est un peu gonflant, on attend, il y a cette montée, et puis rien.

Mais le titre prochain, "What Are You Wearing" vous réconcilie d'emblée avec l'ambiance que l'on trouve au début de l'album. Lent et entêtant, vous aurez rapidement envie de chanter avec Russel Simins. "Sex Symbol" vous fera planer dans les vapeurs acides du monde caverneux enfanté par les cinq compères, avant que vous ne vous attaquiez à la chanson la plus punk de l'album :"Degobrah". Alors, avouez que vous avez hurlé sur ce titre, non ? Enchainement parfait avec un petit reggae-rock, qui n'a rien d'exceptionnel mais vous fera au moins sourire, et c'est déjà pas mal. Le dernier titre va vous coller son gimmick dans la tête pour quelques temps, surtout son petit riff de guitare, emmitouflé dans les successions vocales sensuelles de Miho et Russel, qui vous fredonnent tout de même un titre du nom de "Butter Fucker". Ca ne s'invente pas.

Vous n'avez probablement plus de voix ni de whisky, vous avez malheureusement cassé votre verre, une lampe et cette table qui n'a rien à faire au beau milieu de la pièce. Mais entre nous, ça valait le coup.

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