Elephant

Elephant

The White Stripes

14 / 20 2003 XL Album / CD

Chronique de Ganesh (Xsilence) 19 / 20

Posté le 30/04/2008
La première chanson des White Stripes que j'ai écouté (à savoir "Seven Nation Army", comme beaucoup) m'a collé au fond de ma chaise. Joue-t-il sur un bidon vide avec une corde en boyaux pour obtenir un son si guttural, si profond? Réponse non, une guitare. Et quelle guitare. Qui plus est jouée par un guitariste ô combien talentueux. Tout au long de l'album, on découvre un compositeur aux influences multiples, du blues au garage, en passant par la country, et j'en passe. "Seven Nation Army" est la première chanson de l'album Elephant auquel nous nous intéressons aujourd'hui. Elle semble être une accroche, du type "Posez votre cul, et écoutez". Tout au long du morceau découle une ligne de basse obsédante, un rythme martelé par Meg White, boîte à rythme humaine, qui ne décole pas de sa grosse caisse tout au long du morceau. Suis "Black Math", dans la plus pure tradition garage du groupe, tout comme, vers la fin de l'album, "Girl You Have No Faith In Medecine", descendants directs de "Fell In Love With A Girl", premier tube du groupe. La suite de l'album est à l'avenant, à l'image des rocks psychédéliques "There's No Home For You Here" et "Hypnotize". Après la piste 3, nous arrivons à la partie calme d'Elephant. "I Just Don't Know What To Do With Myself" est une bouleversante reprise, alternant douceur/acoustique et déchaînements/éléctrique, une formule déjà vue, mais qui ici met grandement en valeur la composition originale. Pour moi, "In The Cold, Cold Night" est la moins bonne chanson du CD, dans la veine d'After Hours du Velvet Underground, mais avec une mélodie moins accrocheuse, et donc peu efficace. "I Want To Be The Boy To Warm Your Mother's Heart" et "You've Got Her In Your Pocket" se doublent un peu, l'une au piano, l'autre à l'acoustique, mais restent agréables à écouter. On arrive maintenant à ce qui est, pour moi, un des monuments de l'album. "Ball And Biscuit". Hard-blues électrique sauvage de plus de 6 minutes, qui remet en place ceux qui critiquent les White Stripes par rapport aux (excellents) Black Keys, repprochant aux premiers une certaine "légerté" à comparer au son massif des seconds. "The Hardest Button To Button" reprend la formule de "Seven Nation Army", en y ajoutant un côté plus direct, moins hypnotique. "Little Acorns" fait précéder un riff maousse d'une voix étrange (agaçante au bout de plusieurs écoutes), alors que "The Air Near My Fingers" est un rock classique. "Well It's True That We Love One Another" (avec la géniale Holly Golitghtly) conclut idéalement l'album par la face country du duo. Un album en tous points remarquable. Intemporel.

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