Chronique de Takichan (Xsilence)
Posté le 15/12/2009
Low: redescente vers quelquechose de plus élémentaire, voire élémental (qui participe de la nature des éléments, des forces naturelles, selon le dictionnaire) chez David Bowie.
Je ne suis pas un grand connaisseur de David Bowie mais c'est ce qui ressort à la fois de la forte impression que m'a faite ce disque et des divers commentaires que j'ai glanés lorsque je suis parti à sa découverte.
De façon grossière, on pourrait y voir deux faces distinctes en terme de rythme séparées par le fantastique "A New Career In A New Town" qui commence tout doux et est dopé par l'arrivée d'un harmonica. En effet, en termes de rythmes, les six premiers morceaux plutôt sont courts, pêchus, tout en gimmicks et pleins d'électricité tandis que les quatre dernières pistes sont jouées sur un tempo nettement rallongé, des couleurs plus sombres et une pulsation plus électronique, dûe à l'influence "krautrock" de l'époque et du lieu (Berlin, mid-70s). Mais...
Mais cet album si disparate en surface, est incroyablement homogène en profondeur. Je suppose que la contribution de Brian Eno y est pour beaucoup dans le sens où ses travaux solo (je recommande le génial Another Green World chroniqué ici-même de main de maître par Sirius) lui ont permis d'apporter sa science de la combinaison d'éléments d'atmosphère et d'approche pop là où Bowie apporte son entrain et sa touche de folie. Ainsi le psaume "Warszawa" évolue dans les mêmes sphères que le groovy "Breaking Glass" ou le festif "Be my wife": un certain enjouement au coeur de la plus noire frayeur ou la frayeur de tout perdre derrière l'enjouement le plus sincère...
Ainsi, au bout de plusieurs écoutes, la descente rythmique passe de plus en plus inaperçue pour laisser place à la puissance de certaines paroles ("You're such a wonderful person / But you got problems / I'll never touch you !" sur un riff et une rythmique trop cool !) , l'oppression installée par la mise en boucle de certains sons électroniques bien sales (le monolithe "Weeping Wall"), l'auto-dérision du décalé "Always Crashing In The Same Car" et son gimmick nostalgique, l'humour gris de l'ambigu "Sound and Vision": chaque morceau révèle son unicité et la vitesse à laquelle défile l'album en fait un véritable bloc "élémental" à mes yeux, non deux faces d'une même montagne. Bien sûr, il faudrait nuancer mon propos par le fait que j'ai acquis "Low" en CD et non en vinyl avec deux objets distincts.
Pour la petite histoire, je tiens à remercier MrNovember: sans son quiz Facebook "Quelle période de Bowie es-tu ?", je n'aurais jamais mis la main sur ce disque, qui correspondait plus ou moins à ce que je recherchais musicalement l'hiver dernier et que je n'aurais probablement pas trouvé sans ce coup de pouce du hasard...
Je ne suis pas un grand connaisseur de David Bowie mais c'est ce qui ressort à la fois de la forte impression que m'a faite ce disque et des divers commentaires que j'ai glanés lorsque je suis parti à sa découverte.
De façon grossière, on pourrait y voir deux faces distinctes en terme de rythme séparées par le fantastique "A New Career In A New Town" qui commence tout doux et est dopé par l'arrivée d'un harmonica. En effet, en termes de rythmes, les six premiers morceaux plutôt sont courts, pêchus, tout en gimmicks et pleins d'électricité tandis que les quatre dernières pistes sont jouées sur un tempo nettement rallongé, des couleurs plus sombres et une pulsation plus électronique, dûe à l'influence "krautrock" de l'époque et du lieu (Berlin, mid-70s). Mais...
Mais cet album si disparate en surface, est incroyablement homogène en profondeur. Je suppose que la contribution de Brian Eno y est pour beaucoup dans le sens où ses travaux solo (je recommande le génial Another Green World chroniqué ici-même de main de maître par Sirius) lui ont permis d'apporter sa science de la combinaison d'éléments d'atmosphère et d'approche pop là où Bowie apporte son entrain et sa touche de folie. Ainsi le psaume "Warszawa" évolue dans les mêmes sphères que le groovy "Breaking Glass" ou le festif "Be my wife": un certain enjouement au coeur de la plus noire frayeur ou la frayeur de tout perdre derrière l'enjouement le plus sincère...
Ainsi, au bout de plusieurs écoutes, la descente rythmique passe de plus en plus inaperçue pour laisser place à la puissance de certaines paroles ("You're such a wonderful person / But you got problems / I'll never touch you !" sur un riff et une rythmique trop cool !) , l'oppression installée par la mise en boucle de certains sons électroniques bien sales (le monolithe "Weeping Wall"), l'auto-dérision du décalé "Always Crashing In The Same Car" et son gimmick nostalgique, l'humour gris de l'ambigu "Sound and Vision": chaque morceau révèle son unicité et la vitesse à laquelle défile l'album en fait un véritable bloc "élémental" à mes yeux, non deux faces d'une même montagne. Bien sûr, il faudrait nuancer mon propos par le fait que j'ai acquis "Low" en CD et non en vinyl avec deux objets distincts.
Pour la petite histoire, je tiens à remercier MrNovember: sans son quiz Facebook "Quelle période de Bowie es-tu ?", je n'aurais jamais mis la main sur ce disque, qui correspondait plus ou moins à ce que je recherchais musicalement l'hiver dernier et que je n'aurais probablement pas trouvé sans ce coup de pouce du hasard...