Chronique de Twilliam (Xsilence)
Posté le 07/07/2009
Commençons une nouvelle fois par la forme : un coureur de fond décharné qui passe une ligne d'arrivée (qu'a-t-il gagné ?) ! Des couleurs chaudes, un titre digne des Spice-Girls Regenaration et un nom de groupe The Divine Comedy. Le fan décontenancé cherche un indice, une trace quelconque du visage de Neil Hannon et trouve, dubitatif, au dos du CD, un homme au milieu d'autres, cheveux longs et futal/basket crasseux ! Mais où donc sont l'élégance et le style reconnaissable de notre crooner irlandais ?
A l'aube de ce nouveau siècle, Neil Hannon a choisi d'apparaître au centre de son groupe, en retrait, laissant son charisme (et sa personnalité ?) au placard des 90's. Si la symbolique est forte qu'en est-il de la musique ? J'avoue avoir eu peur en achetant le disque à sa sortie et je confesse aujourd'hui qu'il demeure, à mon avis, (presque) anecdotique !
A l'époque de Fin De Siècle certaines critiques avaient qualifié Divine Comedy de pompeux et même d'auto-parodique. Le disque était certes, très produit, grandiloquent mais les chansons ressemblaient à du Divine Comedy®. En témoigne les désormais classiques "Generation Sex", "National Express" ou "Sunrise".
Aujourd'hui les onze titres de Regeneration semblent tous oubliés voire parfois inconnus et le disque même fait pâle figure dans la discographie d'Hannon vu le peu de titres retenus lors des concerts.
Ceci est dû en partie à la catastrophique production du malfaisant Nigel Godrich. Irréprochable (pour les fans) aux côtés de Radiohead, de Pavement ou encore de Beck, les tics du britannique plombent littéralement la musique de Divine Comedy et ne conviennent absolument pas au songwriting d'Hannon. En premier lieu parce que Godrich déploie des ambiances et des atmosphères proches de l'ambient et parfois même de l'électro. Avec de telles textures, les chansons devraient logiquement nous tirer vers le haut mais c'est exactement l'inverse. L'auditeur est pris en otage par des arrangements fades à mille lieues de l'image sophistiquée des disques de l'irlandais et du lyrisme inhérent à ses chansons. Le disque entier semble uniforme et sans relief. Du coup, dès le second morceau, l'ennui s'installe ! "Bad Ambassador" s'embourbe, "A Perfect Lovesong" tente de sauver les meubles d'antan tandis que "Note To Self" piétine !
The Divine Comedy a tenté, sur ce disque un renouvellement mais il s'avère hélas bien creux. Neil Hannon semble comme en retrait, loin de ses chansons, effacé derrière les ternes effets de Godrich. Seul le très beau "Eye Of The Needle" qui rappelle Morricone parvient à nous séduire : un comble pour le "Casanova" de la pop !
Regeneration reste donc à mes yeux une altération ratée, une anomalie pardonnable dans la riche discographie de The Divine Comedy. Ce disque nous permet surtout de comprendre que Neil Hannon n'a besoin de personne et qu'il demeure le seul maître à bord. L'irlandais saura nous faire oublier cette fantaisie "dégénérative" et nous ramener aux fondamentaux avec son magnifique Absent Friends en 2004.
A l'aube de ce nouveau siècle, Neil Hannon a choisi d'apparaître au centre de son groupe, en retrait, laissant son charisme (et sa personnalité ?) au placard des 90's. Si la symbolique est forte qu'en est-il de la musique ? J'avoue avoir eu peur en achetant le disque à sa sortie et je confesse aujourd'hui qu'il demeure, à mon avis, (presque) anecdotique !
A l'époque de Fin De Siècle certaines critiques avaient qualifié Divine Comedy de pompeux et même d'auto-parodique. Le disque était certes, très produit, grandiloquent mais les chansons ressemblaient à du Divine Comedy®. En témoigne les désormais classiques "Generation Sex", "National Express" ou "Sunrise".
Aujourd'hui les onze titres de Regeneration semblent tous oubliés voire parfois inconnus et le disque même fait pâle figure dans la discographie d'Hannon vu le peu de titres retenus lors des concerts.
Ceci est dû en partie à la catastrophique production du malfaisant Nigel Godrich. Irréprochable (pour les fans) aux côtés de Radiohead, de Pavement ou encore de Beck, les tics du britannique plombent littéralement la musique de Divine Comedy et ne conviennent absolument pas au songwriting d'Hannon. En premier lieu parce que Godrich déploie des ambiances et des atmosphères proches de l'ambient et parfois même de l'électro. Avec de telles textures, les chansons devraient logiquement nous tirer vers le haut mais c'est exactement l'inverse. L'auditeur est pris en otage par des arrangements fades à mille lieues de l'image sophistiquée des disques de l'irlandais et du lyrisme inhérent à ses chansons. Le disque entier semble uniforme et sans relief. Du coup, dès le second morceau, l'ennui s'installe ! "Bad Ambassador" s'embourbe, "A Perfect Lovesong" tente de sauver les meubles d'antan tandis que "Note To Self" piétine !
The Divine Comedy a tenté, sur ce disque un renouvellement mais il s'avère hélas bien creux. Neil Hannon semble comme en retrait, loin de ses chansons, effacé derrière les ternes effets de Godrich. Seul le très beau "Eye Of The Needle" qui rappelle Morricone parvient à nous séduire : un comble pour le "Casanova" de la pop !
Regeneration reste donc à mes yeux une altération ratée, une anomalie pardonnable dans la riche discographie de The Divine Comedy. Ce disque nous permet surtout de comprendre que Neil Hannon n'a besoin de personne et qu'il demeure le seul maître à bord. L'irlandais saura nous faire oublier cette fantaisie "dégénérative" et nous ramener aux fondamentaux avec son magnifique Absent Friends en 2004.