Chronique de Sytizen (Xsilence)
Posté le 21/03/2009
Ça parle de thèmes hétéroclites réunis par un chimiste sadique, qui prend un malin plaisir à créer des ambiances sombres au clavier pour faire exploser sa voix sans cesse changeante, lyrique ou inquiétante (l'outro de "After School Special" glace le sang). Ça parle de musique : ça parle de genres, d'idées, de rythmes qu'on a connu différenciés et qui nous reviennent ici mixés, de la techno mêlée à de la musique arabe, de l'électro-expérimental qui épouse du tango le temps d'une chanson.
Disco Volante est un véritable "Disque-monde". Une galette organique qui fond dans les oreilles en laissant un goût de trop vite passé.
Tout comme Kid A a pû amener plus loin des auditeurs un tant soit peu curieux, cet album ouvre des portes à son auditeur (il m'a emmené jusqu'à Zorn personnellement), abolit des frontières et remet en question nos principes conformistes.
Au début on comprend pas, on repère sur "After School Special" ou le morceau caché (après "Carry Stress In The Jaw" : exceptionnel) des thèmes qu'on aime, on s'y accroche et on décide d'endurer le reste. Et on a eu raison car après trois prises on devient accrocs, parfois 'lamentablement' réduit à se le refaire entièrement dans sa tête, se couper du monde une petite heure pour revivre ce délire.
L'attention portée au son d'une manière générale est inoubliable : les voix de Patton, les claviers de Spruance et la batterie ("woodblock" sur la pochette) Heifetz se suivent et ne se ressemblent pas, naviguant à l'aise dans ce monde halluciné. Au casque c'est déconcertant et jouissif.
Mais le tour de force de l'album, c'est de dépasser le stade de bordel sonore pour devenir une entité, et ce malgré un songwritting qui passe par plusieurs membres différents. Même Mike Patton, qu'on pourrait penser le leader de cette formation, ne se met pas en avant (cela dit des titres comme "Backstrokin" ou "Violenza Domestica" porte sa signature unique).
Et cette unité trouvée c'est bien ce qui fait de ce disque de Mr. Bungle un vrai voyage passionnant, bizarre mais toujours intelligible, du Burroughs mis en musique.
Le summum de l'album fou, aux croisements des genres, d'une qualité constante pendant près de 70 minutes de pur bonheur : une œuvre totale, complétée par une pochette fascinante, qui se grave dans l'esprit de l'audacieux qui s'y aventure.
Disco Volante est un véritable "Disque-monde". Une galette organique qui fond dans les oreilles en laissant un goût de trop vite passé.
Tout comme Kid A a pû amener plus loin des auditeurs un tant soit peu curieux, cet album ouvre des portes à son auditeur (il m'a emmené jusqu'à Zorn personnellement), abolit des frontières et remet en question nos principes conformistes.
Au début on comprend pas, on repère sur "After School Special" ou le morceau caché (après "Carry Stress In The Jaw" : exceptionnel) des thèmes qu'on aime, on s'y accroche et on décide d'endurer le reste. Et on a eu raison car après trois prises on devient accrocs, parfois 'lamentablement' réduit à se le refaire entièrement dans sa tête, se couper du monde une petite heure pour revivre ce délire.
L'attention portée au son d'une manière générale est inoubliable : les voix de Patton, les claviers de Spruance et la batterie ("woodblock" sur la pochette) Heifetz se suivent et ne se ressemblent pas, naviguant à l'aise dans ce monde halluciné. Au casque c'est déconcertant et jouissif.
Mais le tour de force de l'album, c'est de dépasser le stade de bordel sonore pour devenir une entité, et ce malgré un songwritting qui passe par plusieurs membres différents. Même Mike Patton, qu'on pourrait penser le leader de cette formation, ne se met pas en avant (cela dit des titres comme "Backstrokin" ou "Violenza Domestica" porte sa signature unique).
Et cette unité trouvée c'est bien ce qui fait de ce disque de Mr. Bungle un vrai voyage passionnant, bizarre mais toujours intelligible, du Burroughs mis en musique.
Le summum de l'album fou, aux croisements des genres, d'une qualité constante pendant près de 70 minutes de pur bonheur : une œuvre totale, complétée par une pochette fascinante, qui se grave dans l'esprit de l'audacieux qui s'y aventure.