Enter

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DJ Kentaro

16 / 20 2007

Chronique de Sagittarius (Sagi Hip Hop) 16 / 20

Posté le 23/04/2007

DJ KentaroLorsque le champion du monde DMC 2002 nous fait entrer dans son univers, c’est comme si on visitait un parc d’attractions musical, avec à l’entrée une grand panneau avec marqué Enter. Il n’est pas présomptueux d’affirmer que DJ Kentaro est le précurseur d’un style qu’il appelle lui-même ‘newground’, que l’on peut décrire comme une fanfare de sonorités électro-hop, dub, drum’n bass et jungle, avec bien entendu des démonstrations de DJing démoniaque. Le festival de notre DJ nippon débute en imposant le rythme avec « Keep On » featuring The Pharcyde (sympa les retrouvailles !) et garde la musique en mouvement avec « Free » featuring Spank Rock (la révélation electro/hip-hop 2006), avant de se faire une balade sur le périphérique de Tokyo (« Tasogare Highway High » ou la ‘basse qui veut chanter’). Bienvenue dans son monde.

 

L’expérimentation tient du foutoir organisé savamment programmé, et un style personnel qui se démarque sensiblement de ses confrères et qui risque de faire l’unanimité. Puisant directement dans son expérience de DJ mondialement reconnu, Kentaro use de subtilités techniques originales (des boucles passées en vitesse accélérée), des phases de scratches à la précision chirurgicale et d’autres tours de passe-passe délirants. Un savoir-faire exécuté par deux mains de maître, le meilleur accomplissement étant l’up-tempo « Trust ». Qui dit Djing dit mix, et qui mix dit mélange, chevauchement des genres : l’électro et le dub s’associent le temps d’un « Handmade Gift » et la jungle devient urbaine sur les dancefloors avec le terrible « Space Jungle » (avec à nouveau Spank Rock). Et comme pour prouver encore sa versatilité, Kentaro profite d’un moment d’accalmie pour un magnifique morceau de trip hop (pléonasme), « Let It Go ».

 

Il est peut-être encore un peu tôt pour le dire mais DJ Kentaro est assurément la découverte  électro-hop de l’année 2007 !. Enter est une œuvre à l’image de son concepteur : géniale, ouverte et novatrice. 

 

 


Chronique de Simon (Goûte Mes Disques) 14 / 20

Posté le 23/06/2007

Dans la famille des turntablists on comptait déjà Dj Shadow ou encore Birdy Nam Nam, arrive alors un jeune Japonais en passe de rentrer dans la légende à son tour : accueilli avec impatience au prestigieux tournoi DMC lors des son édition en 2002, le jeune nippon se voit gratifié de la récompense ultime, pour la première fois un Dj obtenait le score parfait, un score légitimement accompagné d’un titre de champion du monde. Inutile de dire que son passage sur format long a suscité chez les avertis une impatience toute proportionnelle à la grandeur de sa récente consécration. C’est sur le prestigieux label de Coldcut, Ninja Tune, que Dj Kentaro décide de poser ses valises pour préparer ce premier opus, renforçant ainsi encore un peu plus les attentes placées dans cet album.

En regardant de plus près la jaquette du cd, on se rend vite compte que Dj Kentaro est loin d’aimer la solitude, mais également que le Japonais est relativement bien entouré car c’est en compagnie de Mc’s de la trempe de Spank Rock, Pharcyde, New Flesh ou encore le collectif de scratch japonais (Hifana), que le massacre est maintenant prêt à débuter. Le titre faisant office d’introduction place d’emblée la barre très haut en alternant les phases de scratch sur des breaks bien sentis, on ne pouvait espérer mieux pour rentrer tout entier dans ce disque bien prometteur. Les titres rappés s’enchaînent à une vitesse folle, et pour cause le mélange drum and bass/jungle/hip-hop fait des ravages tant sa précision est chirurgicale. Spank Rock signe sur « Free » un ovni booty bass à la hauteur de leur réputation, ambiance jungle frénétique sur fond dance-hall pour Pharcyde (« Keep On ») et le meilleur arrive avec un « Space Jungle » sorti tout droit de l’enfer : un break beat agressif délivrant des basses monstrueuses assisté par un casting alléchant de Mc’s en puissance : Mc Spank Rock, Ronnie Darko, Chris Rockswell et Armani XXXchange assurent des phrasés impeccables, pendant que Dj Kentaro se charge de tuer toute chance de contestation à l’aide d’une démonstration technique sortie de l’au-delà.

Mais Dj Kentaro n’est pas non plus un champion du monde pour rien, parsemant l’album de plages entièrement instrumentales, il vient se placer à mille lieues de toute concurrence en exécutant des prouesses phénoménales sur des platines qu’il connaît à l’évidence comme sa poche, transformant en même temps votre salon en hall de gare, imaginant des danseurs urbains dansant frénétiquement sur le rythme d’un soundsystem qui crache à en vomir des scratches déments. Equilibré entre esprit de démonstration et véritables productions, le Japonais démontre qu’il a de la réserve, ouvrant une nouvelle porte dans le petit monde des génies de la platine, celle d’un turntablism accessible et festif qui évite constamment de tomber dans des atmosphères statiques et poussives. Un tout bon disque.


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