Chronique de Sagittarius (Sagi Hip Hop)
No intro.
Premier CD.
Tempo dansant. « Let’s Take Off (Far Away) », funk, électronica intergalactique, vocodeur. Un beat, un clavier, un synthétiseur et des millions de voies inexplorées s’ouvrent à nos sens…
« Come on outside », invitation à la découverte… « One Day Less » laid-back en soucoupe volante…
Les 9 minutes de « Brookside Park » qui paraissent une éternité, le temps est comme suspendu… Le premier mot qui me sort de la bouche n’est pas un mot… c’est un « waaaaah… » qui signifie l’émerveillement absolu… Une sensation d’extase et de plaisir durable qu’aucunes phrases ne sauraient décrire.
« Searchin’ 4 Funk’s Future »… Pur cosmic trip. L’esprit se sépare du corps pour se dissiper dans l’univers de Dam-Funk. En quelle année suis-je ? En 2100 ? au début des années 1980 ? en 2009 ? Compression temporelle : passé-présent-futur ne font qu’un.
Le jour se superpose à la nuit, la nuit au jour, le virtuel se mêle au réel, comme l’homme et la femme cherchent à fusionner. Est-ce que je sens cet amour chimérique, « Love Is In Here 2nite », coït funky, « Computer love », smooth shit. Je continue de planer dans l’espace.
La musique est dématérialisée, le son est interconnecté à travers le réseau de neurones, stimulant les zones sensorielles du zen, du cool, du système funkadelique en ces instants uniques de « Fantasy ». Morceau suivant, toujours les yeux tournés vers le ciel, la tête dans les étoiles. Scintillement de couleurs, de lasers et de flashing lights. La création est magie.
Puis plus rien. Tout redevient réel. Changement de CD.
Second CD.
Ré-introduction avec le thème de Dam-Funk, retour en mode cathodique, en Californie, sur « 10 West ».
Rythmique et synthés vintages et futuristes, décollage en vaisseau spatial cabriolet pour un « Flying V Ride » d’anthologie. « Burn Straigth Thru U » dans la continuité, même beat, totale liberté aux claviers. « Candy Dancin’ », même beat et une autre paires de mains aux claviers, celles de Mike de Clive-Lowe, parrain du Broken-Beat. Full instrumental.
Un kif sur « Rollin’ » le long de la côte Pacifique, funky ride…
J’appelle l’esprit de Roger Troutman sur « Hood Pass Intact ». More bounce ! Indémodable et atemporel. Le genre de track qui sera samplée dans 10-15 ans.
Encore, encore… « LAtrifyin », directement à la source de courant. Jauge d’énergie au maximum, passage en hyper espace pour « Spacecapades » et « In Flight ». En apesanteur… c’est méga spéc’.
Mode passage en boucle enclenché.
Ce Dam-Funk fait de la god-damn funk. Sentez la puissance de la Funk ! Mozinor Président !
Chronique de Soul Brotha (Goûte Mes Disques)
Stones Throw, on le sait, n'a plus grand-chose d'un label hip hop. La maison de Peanut Butter Wolf avait pour têtes d'affiches Madlib, J Dilla, Guilty Simpson, Madvillain ou encore Percee P il y a encore ne serait-ce que deux ans mais aujourd'hui, place à l'éclectisme! Après le bazar psychédélique de James Pants et la retro soul de Mayer Hawthorne, c'est au tour de Dâm-Funk de nous faire découvrir sa spécialité: le boogie funk.vCa fait un moment qu'on on entend parler de ce DJ californien: entre ses podcasts hypnotiques pour le site de Stones Throw, quelques maxis brillants (Burgundy City avec le bouillant "Galactic Fun" par exemple dont on peut regretter l'absence sur cet album) et l'animation du Funkmosphère, club le plus funky de la Cité des Anges, on peut même dire que son premier essai était attendu de pied ferme par les nostalgiques de tout poil de la musique funk.
Sorti en premier lieu sous la forme d'une série de cinq EPs, Toeachizown est un copieux double CD. Trop copieux. 24 pistes, plus de deux heures de son, c'est vraiment trop imposant. Une sélection aurait été appréciable parce qu'avec un album aussi touffu, il est compliqué de voir émerger les morceaux les plus marquants, surtout quand les rythmiques et les arrangements varient peu. On ne sort jamais ou presque de la combinaison synthés 80's, boites à rythmes, voix suaves...
C'est vraiment dommage parce que Toeachizown contient de vrais grands moments comme le super classieux "One Less Day" ou "The Sky Is Ours" (nous permettant d'entendre la voix suave de Dâm-Funk) par exemple. Dans l'ensemble, les morceaux chantés sortent clairement du lot, ils incarnent cette musique d'un autre temps et sortent de l'espèce de torpeur qui s'installe dans les morceaux instrumentaux trop nombreux et assez répétitifs. Le son de l'album, en tous les cas, ravira les puristes. Nichés quelque part entre Prince, Parliament/Funkadelic et Kashif, les morceaux du DJ californien feront inévitablement esquisser quelques pas de danse à tous les nostalgiques du funk synthétique des années 80. C'est bouncy, sucré sans pour autant verser dans le putassier, une dérive malheureusement courante dans les dernières années de cette si belle musique.
Clairement, Dâm-Funk aurait dû élaguer le tracklisting de Toeachizown. 5 EPs compilés en un seul double CD, ça amène forcément du déchet et c'est bien dommage car ça torpille quelque peu l'intérêt global de l'album qu'il est impossible d'écouter intégralement d'une seule traite. Ceci dit, ne boudons pas notre plaisir, Toeachizown est tout de même un disque hypnotique, Dâm-FunK réussit son pari de ressusciter le boogie funk de brillante manière avec un talent qui ne se dément pas.
