Blow

Blow

Ghinzu

15 / 20 2004 Dragoon Album / CD

Chronique de Popop (Goûte Mes Disques) 18 / 20

Posté le 28/03/2003

Difficile de résister aux belges en 2004. L’an passé, Venus avait déjà fait sensation avec son retour inespéré, mais cette année semble bien destinée à rester dans les annales de la musique moderne européenne. Tout a commencé doucement mais sûrement avec l’avènement de Girls In Hawai, suivis de près par Sharko, avant le retour cet été des machines de guerre Soulwax et dEUS (même si le prochain disque de ces derniers n’est attendu que pour 2005). Et puis il y a le cas Ghinzu, à la fois le plus simple et le plus complexe à cerner, et très certainement le plus excitant aussi. Ce second album, après un Electronic Jacuzzi passé inaperçu dans l’hexagone, est sorti en février dernier en Belgique et aura mis de longs mois à atterrir chez nos disquaires – avec une pochette plus politiquement correcte (l’originale présentait un homme à la tête tranchée, avec jet de sang à l’appui) et un ordre de tracklist quelque peu modifié (le single "Do You Read Me ?" passe de la quatrième à la seconde piste). Des détails insignifiants qui ne changent pas grand-chose au constat qui s’impose : Blow est un putain de gros disque de rock moderne, bien à l’aise avec l’exubérance de son époque.

Car les cinq musiciens de Ghinzu sont des tarés. Rien d’insultant dans ce propos, juste un simple fait qui englobe à la fois les personnages et leur musique. Que ce soit dans l’image qu’ils aiment à se donner (avec costumes et perruques afro) ou dans l’usage de la langue anglaise (leur détournement du mot 'voodoo'), ces types sont excessifs, toujours à la limite du mauvais goût et du cliché, mais sans jamais sombrer du côté obscur de la force. Pourtant, les flirts sont nombreux : entre les nappes de synthés poisseux qui habillent "Cockpit Inferno", le punk hystérique et premier degré de "Til You Faint" et les nombreuses références subtiles à la copulation, les belges ne font guère dans la dentelle. Pourtant, quel plaisir coupable que de se laisser porter par ces compositions où l’utilisation du piano rappelle tantôt Muse tantôt Moby, où le rock flirte avec le hard autant que le hip-hop, où les morceaux n’hésitent pas à s’étendre au delà des huit minutes et où la conviction des musiciens finit toujours par l’emporter. Comment résister à un single aussi imparable que "Do You Read Me ? " ou à une rêverie aussi amère que "High Voltage Queen" ? Et surtout, comment ne pas succomber à "The Dragster-Wave", leur "Instant Street" à eux, avec son final hypnotique et furieux ?

Ghinzu est un groupe qu’il faut aimer autant pour ses défauts que pour ses qualités. Si on aborde Blow au premier degré, il est évident que ses excès peuvent surprendre voire rebuter. Pourtant, ce sont ces références télescopées et cet équilibre souvent hasardeux qui font la force de ce classique à ranger juste à côté de The Ideal Crash et Vertigone.


Chronique de Sytizen (Xsilence) 17 / 20

Posté le 22/09/2008
Un quintette belge avec des moumoutes, un premier album qui en avait charmé plus d'un... et un retour qui fait du bruit! Le premier morceaux, "Blow" est sans aucun doute le meilleur. Le groupe installe ses ambiances, développe ses mélodies et finit sur une polyphonie complexe mais où l'harmonie vous emprisonne, vous fait tellement planer qu'on est souvent obligé de réécouter le morceau entier. Puis vient (sur la version française en tout cas, différente de l'originale belge) un diptyque de chansons, ou plutôt deux fois la même chanson, mais traité entièrement différemment. La première fait ressortir le côté crooneur de John Stargasm, la deuxième évoque la folie des lives qui sentent bon la moule-frites (pour pas tomber dans les clichés) ! Puis le tube "Do you read me?"; très bien écrit, joué avec enthousiasme, on se laisse séduire et on s'éclate pendant 4 minutes."Til' you faint" par contre vous laissera de marbre. Au mieux vous fera taper du pied, mais c'est franchement dispensable. Deuxième longue pièce de l'album, "The Dragster Wave" captive par ses ambiances, tour à tour intrigantes puis explosives, par sa partie centrale aux claviers et par ses textes inspirés. Comme "Blow", c'est du très bon et on en redemande. La ballade/poésie "Sweet love" fait retomber la tension; trop peut être, pas aussi réussi que les chant/piano de "Electronic Jacuzzi". "High voltage queen", "21st century crooners" et "Mine" assurent la suite du show, avec un groove très bien senti et des mélodies sympathiques. L'instrumental "Horse" n'a pas grand intérêt, fait partie de ces titres qui plombent un peu l'album. Le final "Sea-side friends", une sorte de "Citizen Kane" en chanson clôture bien ce deuxiéme opus, bon mais mitigé : parfois un rock de Muse sous morphine ou alors sans intérêt, parfois des mélodies imparables interprétée à la perfection.
Reste à attendre le troisième, qui sort dans quelques temps. Espérons qu'il regroupe les qualités des deux premiers opus, sans leurs défauts.

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