Teenager Of The Year

Teenager Of The Year

Frank Black

17 / 20 1994 4AD Album / CD  Vinyle  K7 Audio

Chronique de Emil (Xsilence) 20 / 20

Posté le 13/02/2011
Big Up Big Up au Teenager Of The Year de Frank Black (1994, mais hier ou y'a 30 ans ça marche aussi)!!
Le n°1 de(me)s disques qui font rebondir ad lib entre le sol et le plafond, que chaque passage fait pétiller la "sensation de récompense" (merci les neurologues pour la poésie), l'hymne ultime (bienvenue les ex-aequo hein) aux guitares jouissives, la "feeling-good" galette par excellence! Foutre et cyprine en gerbe à tous les étages (22!!) avec tout ce qu'il faut dans le chargeur pour la prochaine salve... Orfèvrerie, génie de la mise en scène et bas-ventre en surchauffe... le pied!!!!!

Classic rock ? Indie gonflé ? Liberté, adolescence (pour un 2ème effort solo du leader des Pixies, ça se tient...) ? Y'a du cheap, du burné, du planant, de la poésie d'un échoppe bio radioactive de l'espace (au pif: "nobody owns the pleasure of tongs", "a couple of eyes from out of the head", "mouth intricate shapes the voice that speaks", "my best friend he's the king of karaoke", etc.), du reggae (!!), du rockab', du punk joyeux qui tire la langue, des mélodies incroyables qui grimpent en colimaçon jusqu'au moment où on a la vague impression qu'on pourrait en crever...

Jamais le Francis ne fut plus flagrant comme auteur complet et diablement inspiré, et ses camarades de jeu savent donner le change, le cogneur galope, tangue tranquille, claque ou enfonce des clous c'est selon, le tout avec une puissance et une légèreté imperturbables, la basse soutient, dynamise, vrombit et visse des vis, c'est la fête aux guitares (Delgado peint de dali-esques décors-paysages pleins de sucreries même pas coupe-faim, et s'autorise des soli tout droit importés de l'Olympe, je reviens toujours pas de celui de "Thalassocracy" moi), du piano, des trompettes, des nappes synthétiques, le tout pile où il faut, quand il faut.
Et cette voix... cette sensation que le Franky est forcément le meilleur des potes, qu'on serait direct partant pour se vider des canons, jouer au Uno et philosopher sur le ketchup ou les klingons toute la soirée. Y'a du grain, de la douceur, du grave et de l'aigu, une gorge qui surchauffe en plissant des yeux pour hurler sa rage d'enfulte visionnaire (cet homme a compris les supernovas avec les fesses), et des chœurs faits exprès pour vous faire perdre les pédales.

Dès les 2 premiers titres (3mn 09 secondes de fiesta rigolarde, 23 idées sans l'air de rien, et 7 high-kicks), on est sur les rotules et on en redemande... 20 titres plus tard, on se surprend à remettre le couvert... Que de superlatifs et de périphrases déroutantes et exaltées me direz-vous... mais qui n'a pas au milieu de sa discothèque LE petit trésor inépuisable, qui tombe à point nommé quand le besoin irrépressible s'en fait sentir, qui lave à fond de toutes les angoisses, qui accompagne immanquablement les pétillances régénératrices, et qui donne envie d'en embrasser les responsables sur la bouche ??
Car là je sautille, je m'affale et je ridiculise Jim Carrey dans son domaine, je rêve distinctement l'humanité comme une armée de Bisounours tous d'accord avec mes orgasmes (je précise que je n'ai que des fruits frais dans le corps), mais au fond de tout ça, je sais que je ne sais qu'une chose: tout peut péter, je sais ce que j'aurai dans l'I-Pod.

Et ça, ben ça rassure tout plein.

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