Setbacks

Setbacks

ScHoolboy Q

14 / 20 2011

Chronique de Sagittarius (Sagi Hip Hop) 14 / 20

Posté le 11/01/2011

Retour au début des années 2010. Le jeune label Top Dawg Entertainment (TDE en abrégé) passait à l’étape suivante du plan pour ses Black Hippy : fini les mixtapes, on passe à la vitesse supérieure en sortant les solos des rappeurs. Celui qui avait fermé la marcHe des mixtapes était Kendrick Lamar avec le très plébiscité Overly Dedicated en 2010.

C’est ScHoolboy Q qui se lance en preums avec Setbacks, une lourde cHarge. Donc faut envoyer du lourd, direct marquer les esprits. Toute la team de producteurs est sur le coup : les Sounwave, Willie B, Tae Beast, Tommy Black… et même Focus (un proche de Dr Dre) sur « LigHt Years Away » avec K-Dot. Dr Dre est forcément un modèle pour cette jeune équipe, ça s’entend très bien sur l’excellent instru de « WHat’s tHa Word » avec cette bête féroce Jay Rock. C’est le cas aussi de l’extrait « PHenomenon » avec cet air victorieux dont le clip met en scène la fille de ScHoolboy Q (c’était un jeune papa). Ce titre met aussi en avant la chanteuse Alori JoH qui est décédée deux ans plus tard à seulement 25 ans… Elle était très présente sur les sorties TDE jusqu’à sa disparition en 2012, elle aurait pu rencontrer la même gloire que ses amis… Pensée pour elle.

Comme Kendrick Lamar à ses débuts, Q avait une voix « normale », il ne cHercHait à surjouer dessus pour son interprétation, son flow. Sûr qu’en écoutant des titres comme « Cycle » ou « I’m Good », le rappeur n’a pas du tout cet air turbulent et dérangé, il cacHait encore son jeu le bougre. Setbacks n’est pas l’album qui allait définir son identité, Quincy et sa bande tâtaient le terrain avec un sérieux certain. Nota bene : on voyait déjà apparaître les H majuscules. On l’kiffe poser sur des beats originaux tel le trippant « To THA Beat ». Mais d’autres tracks comme « Situations » rendent Setbacks inégal et c’est là le défaut de jeunesse de l’album. Ça n’empêcHe pas des titres devenus phares de s’extirper comme « Druggys Wit Hoes ». Ou d’autres comme le doux « Fantasy » de jouer le rôle de révélateurs, comme ici sur le refrain la chanteuse Jhene Aiko qui était une star du r&b en devenir. Le charme opère sur ce morceau même plus de 10 ans après, comme au premier jour

Le titre final « Rolling Stone » donne rendez-vous à tous les membres des Black Hippy et il faut d’autant plus profiter de ces réunions car il y en aura peu, et ils ne sortiront jamais d’album tous ensemble alors qu’on en rêvait. C’est vraiment pas cool. On apprendra plus tard sur le titre « The Heart pt 6 » que la souci venait de Kendrick, qui avait déjà d’autres directions et projets en tête… Bon, pour un début, Setbacks était franchement pas mal. Ça cassait pas la baraque mais on sent le travail derrière, le souci de bien faire et un potentiel qui ne demande qu’à être exploité et évoluer.

LA NOTE : 14,5/20


Chronique de Bahi (Goûte Mes Disques) 14 / 20

Posté le 21/01/2011

Les débuts d'année sont généralement synonymes de vache maigre, et le moins que l'on puisse dire c'est que l'année 2011 ne déroge pas à la règle. Au milieu de mixtapes et d'albums anecdotiques, un projet parvient tout de même à susciter notre attention, celui de Schoolboy Q intitulé Setbacks. Membre de l'éminent groupe Black Hippy, il est probablement le plus discret de la bande derrière Ab-Soul, Jay Rock et Kendrick Lamar, le rookie à la hype exponentielle. Bien évidemment, l'album de ce dernier est le plus attendu, mais le crew californien a la ferme intention de marquer la nouvelle année de son sceau, et cela commence avec cette galette. Estampillé Top Dawg Entertainment, le disque gravite autour d'une source laidback qui répand son climat atmosphérique tout au long des quinze pistes. Le plus puissant symbole de ce courant est le fondant « I Bet I Got Sum Weed » chantonné par l'hôte de la partie, au cours d'un hang out douillet. Cette légèreté est l'impression qui parcourt l'album de bout en bout, même si certains morceaux affichent un peu plus de rugosité, comme « What's Tha Word » où Jay Rocket Ab-Soul viennent prêter main forte à leur collègue. L'autre invité de poids bien connu de la maison est évidemment Kendrick Lamar, qui apparait sur deux titres du disque, notamment sur « Light Years Ahead » où il apporte son flow salvateur si singulier. Si il est vrai que le phrasé de Schoolboy Qest quelque fois nonchalant, voir lancinant, le emcee reste toutefois dans le respect de la suavité de l'instrumentale. Les mélodies molletonnées possèdent un éthique solide et cohérente, laissant surnager une entité croquante, juste et appliquée. Il s'en ressent un album très digeste, malgré des piques saturées adoucies par des accents soul, affirmant l'aspect onctueux du projet. Souple mais robuste, Setbacks synthétise un univers métissé, prenant naissance dans la rudesse du gangsta rap mais évoluant sur un terrain velouté et chaud. Pour autant, cela ne permet pas à Schoolboy Q de nous épater au micro, ni de nous pondre un vrai banger qui nous reste en tête. Ce manque de lumière porte surement préjudice à ce projet de qualité, principalement destiné à entretenir une ambiance nuageuse et relaxante, très en vogue en ce moment.


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