Universal Audio

Universal Audio

The Delgados

14 / 20 2004 Chemikal Underground Album / CD  Vinyle

Chronique de Popop (Goûte Mes Disques) 14 / 20

Posté le 01/01/1970

Toutes les bonnes choses ont une fin, paraît-il. Après avoir flirté le temps de deux albums remarquables (et remarqués) avec Dave Fridmann, mixeur de talent adoubé par toute une génération de groupes américains du meilleur goût (Mercury Rev, Flaming Lips, Sparklehorse…), les Delgados ont choisi pour leur cinquième album de tourner le dos aux orchestrations luxueuses et grandiloquentes qui leur avaient permis de se frayer un chemin vers le cœur des amateurs de pop élégante et un rien maniérée. Las, Universal Audio est donc entièrement vierge d’orchestre. Pas la moindre trace d’un violon, à peine quelques synthés à se mettre sous la dent en guise de leurre. Pourtant, pas de quoi traumatiser le fan de la première heure puisque l’on semble presque revenu aux sonorités qui firent les meilleures heures de Peloton, second disque injustement méconnu et recelant pourtant son lot de merveilles ("Everything Goes Around The Water" ou "Pull The Wires From The Wall" en tête).

La première confirmation, la plus rassurante, est que même amputées de riches arrangements les compositions du quartet font toujours instantanément mouche : l’ouverture en fanfare de "I Fought The Angels", toutes guitares dehors, et l’enchaînement avec l’irrésistible "Is This All That I Came For ?", futur single en puissance, permet au groupe d’aligner deux de ses meilleurs morceaux à ce jour. A cela, il convient d’ajouter un premier extrait, "Everybody Come Down", accrocheur en diable bien qu’un peu facile, et un trio final en tout point touchant pour obtenir deux extrémités de disque parfaites. Au milieu de tout ce joli monde, on retrouve les classiques changements de voix entre Emma Pollock et Alun Woodward, des ballades désabusées et des titres plus torturés, le tout dans un écrin moins intense que par le passé mais toujours convaincant. Alors bien sûr, au sortir de ce Universal Audio, on ne ressent pas le même frisson que pour The Great Eastern ou Hate. Mais selon leurs propres termes, les Delgados voulaient simplement publier 'a big pop album', et ils ont admirablement bien menée leur mission. Reste au fond de nous un désir brûlant de les retrouver un jour à nouveau lyriques et démesurés comme lorsqu'ils nous bouleversaient tant.


Chronique de X_ Jpbowersock (Xsilence) 12 / 20

Posté le 01/10/2004
J'écoute "Universal Audio", le réécoute, encore, toujours, et inlassablement. "The Great Eastern" m'a impressionné, tandis que "Hate" a plus que répondu aux attentes que je formulais envers un groupe formidablement doué et subtil (à mon sens). Mais voilà, "Universal Audio" ne parvient pas à susciter un engouement aussi spontané et enjoué de ma part.
Exit les cuivres et les cordes (et les chorales), ainsi que la production exceptionnelle de Dave Friedman, et place à une pop beaucoup plus basique, moins surprenante. Pour preuve, dès la première note du disque (et donc de "I Fought Angels"), tout est différent: cette guitare électrique seule qui impose son riff, retranscrit parfaitement cette idée...
"Universal Audio" plus... minimaliste ? Peut-être... ou peut-être pas après tout. Les formules sont les mêmes, mais le charme s'épuise. Le chant d'Emma Pollock est toujours aussi beau et limpide (je ne me lasserai décidément jamais de la voix de la demoiselle...), tout comme celui d'Alun Woodward. Mais cela ne fait pas tout. Pour la première fois depuis longtemps, les Delgados s'enlisent dans des passages à l'intérêt limité: comme le laborieux pont trop convenu de "Everybody Come Down" et le (trop) poppy pompier et pompeux "Girls Of Valour". Dommage.
Ceci dit, il faut lui reconnaître certaines qualités à ce "Universal Audio". Sans être forcément exceptionnelles, il est possible de trouver ici de très belles pièces. "Come Undone" dépouillé au possible profite de la voix d'Emma Pollock pour apparaître beau et simple, tout comme ce "Sink Or Swim" frais et délicieux... On ne reniera cependant pas non plus le finalement correct "I Fought The Angels", ou le très aérien (et très beau) "The City Consumes Us", mais il est bien difficile de ne pas regretter un temps où chaque composition du groupe semblait presque exceptionnelle... Après un dernier (très léger) coup d'éclat, "Now And Forever", les Degados nous laissent, seuls... Manquait manifestement quelque chose, de l'intensité sûrement (entrevue avec "The City Consumes Us"), et du mordant, peut-être.

J'écoute "Universal Audio", le réécoute, encore, toujours, et inlassablement... pour tenter d'effacer ma déception.
J'écoute "Universal Audio", le réécoute, encore, toujours, et inlassablement... Mais pour combien de temps encore ?...

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