Analogtronics

Analogtronics

Union

18 / 20 2012

Chronique de Sagittarius (Sagi Hip Hop) 18 / 20

Posté le 13/02/2012

Les mariages dans la musique ont ce pouvoir d’effacer les barrières entre les genres et même les époques, et de ces mariages parfois multiples naissent des merveilles de créativité comme d’étrangetés. Mêlant savoureusement Soul Hop et Electro en Lo-Fi, Analogtronics est un de ces fruits d’expérimentations de la musique urbaine que J Dilla, grand inspirateur et précurseur – pourrait-on dire – de ce créneau, n’aurait certainement pas renié.

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OJ et Gold, ce couple de beatmakers parisiens que forment Union,  ont parfaitement réussi les épousailles entre la Soul moderne et la musique Hip-Hop, scellés autour de sonorités futuristes composées à partir de matières électroniques vintages provenant de sources analogiques. ‘Analogique’ et ‘électronique’, deux mots hybridés pour donner le nom de baptême de l’album, Analogtronics. J’ai cité J Dilla comme référence, on peut rajouter DJ Spinna et les Sa-Ra Creative Partners qui possèdent une sensibilité musicale relativement proche. Union utilise des gammes de synthés et effets semblables à ceux des Sa-Ra et des mélodies galactiques comme le fait Spinna. Les nombreux instrumentaux à la fois lo-fi et post-modernes qui garnissent cet opus libèrent nos esprits dans l’apesanteur d’un cosmos de beats et de claviers lumineux.

Nos artisans français se sont également associés à divers maîtres de cérémonie américains, dont Talib Kweli qui tient la vedette sur le très bon single « Time Leak » aux côtés de notre Sly Johnson national pour la touche soulful. Moka Only est totalement dans son élément sur « Good Morning » et Big Pooh livre une prestation plus que honorable sur « Fallin’« . Plus étonnant, la présence de MF Doom (toujours abstrait sur les lyrics de « Coco Mango« ) et surtout Roc Marciano, même s’il ne débite qu’un seul couplet (« Preset Mars« ). La scène de Detroit fortement influencée par Dilla est representée par Guilty Simpson (« Digital Delight« ) et Elzhi, dont on regrettera toutefois une performance bradée (« Wings« ) en se limitant à quelques versets et des shoot-outs.

Parmi les autres météores de Analogtronics, les ambiances électro-soul raffinées de « Song for Janasa » avec la sublissime Rachel Claudio et « Baby Mama » de Mani Hoffman qui passe en mode repeat tellement le morceau est radieux.


Chronique de Justin (Goûte Mes Disques) 18 / 20

Posté le 11/04/2012

J. Dilla n’est pas mort. Son génie était simplement caché à Paris depuis quelques années. Sa musique se réincarne aujourd’hui sous les doigts d’OJ et Gold, les deux compères d’Union, qui livrent avec Analogtronics un premier disque léché.

Soul clap et nappes suaves, clochettes et synthétiseurs gras, l’ambiance est posée d’entrée: la navette Union décolle pour un space-trip onirique avec, à bord de cette machine à démonter le temps, les meilleurs cosmonautes du marché. Talib Kweli et Sly Johnson montrent le bout de leur nez dès la troisième piste tandis que MF Doom vient balancer ses quelques mesures dominicales dès le morceau suivant. Ensuite, ça déroule sans jamais redescendre.

Sur un disque parsemé d’interludes soulful et délicates, Union distille, avec l’application d’un quarterback NFL, des perles millimétrées aux meilleurs artisans du mid-under Nord-Américain (Elzhi, Guilty Simpson, Big Pooh, Moka Only) et à la crème des « copains » qui ont gravité autour de l’excellent band parisien Beat Assailant (dans lequel Gold assurait les claviers). Outre le MC lui-même sur la très efficace bonus track « Boy », on retrouve la délicieuse Janice Leca sur l’épatante « Falling » ou la charismatique Rachel Claudio qui s’offre à un ballet de susurrations charmeuses sur « Song for Janasa ». On citera aussi Mani Hoffmann, qui s’offre une prestation kravitzienne sur le planant « Baby Mama ».

Ce disque, carré au possible, manque cependant peut-être de spontanéité. Quoi qu’il en soit, il transpire le travail acharné de deux producteurs de talent qui se sont offert un premier effort transcendant. Rien de moins. Et à l’heure où un album semble plié avec 13 titres chichement enchaînés, Union nous réconcilie avec le format en proposant 17 pistes et interludes soigneusement garnies de quatre jolis bonus tracks. Le résultat: une heure de plaisirs vaporeux qui fait figure de véritable exploit tant au niveau de l’équilibre des invités qu'à celui de la teneur musicale du projet.


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