Chronique de Easton ellis (Xsilence)
Posté le 16/07/2013
Le grunge a déjà plié les gaules, ce courant dans le courant de l'indé s'est vite fané. Nous sommes en 1994, et c'est sorti de désintox pour tout le monde (pour mieux y revenir par la suite). Le guitariste de Pearl Jam, Mike McCready décide, avec le batteur des Screaming Trees, Barrett Martin, de faire un "super-groupe". Dans la longue liste de ces formations, il y a les bons : Crosby, Still, Nash and Young, Temple Of The Dog (dont McCready a fait partit), Fantômas, The Dead Weather, ou encore The Transplants. Et puis les "moins" bon, qu'on ne citera pas.
Véritable réunion du style "drogués anonymes", le combo qu'est Mad Season demeure particulièrement marqué des substances prises par ses membres. Aux deux compères de cure, vient s'ajouter John Baker Saunders, de The Walkabouts, et le charismatique Layne Staley, d'Alice In Chains. Sublime pépite de tristesse, le genre de chose à éviter quand ça ne va pas. Ce genre de chose sur lesquelles, justement, on se jette quand rien ne va.
L'album Above est enregistré en 1995, après une série de concert. Avec ce dernier, tout ce petit monde parvient à une véritable perfection. Aucune inégalité, pas de morceaux bancals. Tout au long de cet album, il y a un fil rouge, un chemin de solitude et de dépression. Chaque piste n'est qu'un chemin de traverse de plus qui vient s'ajouter au sentier principal.
"Wake Up", une longue litanie introductive. Une lancinante basse, et une voix, mais quelle voix. Celle qui nous montre le chemin : "Slow suicide's no way to go, oh"... La première chanson donne le ton, et c'est une succession de douces et rugueuses plaintes pendant une petite heure. L'étourdissante multitude des pistes vocales de "X-Ray Mind", puis le single de l'album, "River Of The Deceit" : "The only direction we flow is down". Si triste qu'on lui demanderait d'arrêter, mais les voix sont si douces, qu'on se résigne à écouter jusqu'au bout. La plus cradingue de toute, "I'm Above", avec ce petit solo de guitares sèche, sèche comme les paroles.
La participation de Mark Lanegan ne gâte rien au projet. La chanson "Long Gone Day" marquera par la parfaite complémentarité des voix des chanteurs, sans parler des crescendo du saxophoniste Skerik. Mélopée jazzy, et toujours cette satanée plainte des voix, les sanglots s'accumulent. Arrive les points de suspension, le groupe rappel qu'il fait du rock dans "November Hotel", l'ultime montée, à se taper la tête contre les murs, des murs qui ne cesseraient de se rapprocher... On ne sait plus trop comment sans sortir.
Puis, le point final. Chorale magnifique, ces messieurs tirent leur révérence. A croire que le titre était déjà tout trouvé : "All Alone". On retrouve ce fil rouge, mais il est temps de le couper. Il y aurait presque un coté pleureur là-dedans, frôlant l'insupportable tellement il est omniprésent. Mais on ne peut pas le reprocher à ces messieurs. C'est plutôt une douce sensation de solitude qui vous envahie lorsque l'album arrive à sa fin, une bouffée d'amer, et de nicotine. Les quelques concerts que donnera le groupe (dont le fameux au Moore Theatre de Seattle, qui restera dans l'histoire), seront parmi les plus beaux exutoires de la génération du "grunge". Sentiment sans doute partagé par tous les curieux qui mettront à leur tour le nez dans cet album... Mais attention, comme beaucoup de choses, y mettre le nez suppose, déjà, un danger.
Véritable réunion du style "drogués anonymes", le combo qu'est Mad Season demeure particulièrement marqué des substances prises par ses membres. Aux deux compères de cure, vient s'ajouter John Baker Saunders, de The Walkabouts, et le charismatique Layne Staley, d'Alice In Chains. Sublime pépite de tristesse, le genre de chose à éviter quand ça ne va pas. Ce genre de chose sur lesquelles, justement, on se jette quand rien ne va.
L'album Above est enregistré en 1995, après une série de concert. Avec ce dernier, tout ce petit monde parvient à une véritable perfection. Aucune inégalité, pas de morceaux bancals. Tout au long de cet album, il y a un fil rouge, un chemin de solitude et de dépression. Chaque piste n'est qu'un chemin de traverse de plus qui vient s'ajouter au sentier principal.
"Wake Up", une longue litanie introductive. Une lancinante basse, et une voix, mais quelle voix. Celle qui nous montre le chemin : "Slow suicide's no way to go, oh"... La première chanson donne le ton, et c'est une succession de douces et rugueuses plaintes pendant une petite heure. L'étourdissante multitude des pistes vocales de "X-Ray Mind", puis le single de l'album, "River Of The Deceit" : "The only direction we flow is down". Si triste qu'on lui demanderait d'arrêter, mais les voix sont si douces, qu'on se résigne à écouter jusqu'au bout. La plus cradingue de toute, "I'm Above", avec ce petit solo de guitares sèche, sèche comme les paroles.
La participation de Mark Lanegan ne gâte rien au projet. La chanson "Long Gone Day" marquera par la parfaite complémentarité des voix des chanteurs, sans parler des crescendo du saxophoniste Skerik. Mélopée jazzy, et toujours cette satanée plainte des voix, les sanglots s'accumulent. Arrive les points de suspension, le groupe rappel qu'il fait du rock dans "November Hotel", l'ultime montée, à se taper la tête contre les murs, des murs qui ne cesseraient de se rapprocher... On ne sait plus trop comment sans sortir.
Puis, le point final. Chorale magnifique, ces messieurs tirent leur révérence. A croire que le titre était déjà tout trouvé : "All Alone". On retrouve ce fil rouge, mais il est temps de le couper. Il y aurait presque un coté pleureur là-dedans, frôlant l'insupportable tellement il est omniprésent. Mais on ne peut pas le reprocher à ces messieurs. C'est plutôt une douce sensation de solitude qui vous envahie lorsque l'album arrive à sa fin, une bouffée d'amer, et de nicotine. Les quelques concerts que donnera le groupe (dont le fameux au Moore Theatre de Seattle, qui restera dans l'histoire), seront parmi les plus beaux exutoires de la génération du "grunge". Sentiment sans doute partagé par tous les curieux qui mettront à leur tour le nez dans cet album... Mais attention, comme beaucoup de choses, y mettre le nez suppose, déjà, un danger.