Chronique de Machete83 (Xsilence)
Posté le 08/04/2013
Dans une chronique concert Hyaena de Siouxsie And The Banshees, j'affirmais, dans une jeu de mots foireux que The Top n'était pas top. Robert Smith avait déclaré qu'au moment de son enregistrement, il pouvait le considérer comme brillant un jour, et épouvantable le lendemain. Partant de ce même postulat, j'écoute Pornography puis The Top à la suite et je me dis que ce dernier n'est effectivement pas un chef-d'oeuvre... Puis je repense à Wild Mood Swings ou à 4:13 Dream et je me dis que The Top n'est certes pas un chef-d'oeuvre mais qu'il est quand même pas si dégueulasse. En tous les cas, je le trouve plus attrayant que Hyaena.
Pour ce qui est de la critique générale sur cet album, je n'ai pas la légitimité d'avoir vu évoluer le groupe à cette époque, je n'ai donc pas ressenti les frustrations qu'ont pu éprouver les fans purs et durs de Pornography. Mais j'ai tout lu et entendu sur ce disque: certains l'ont baptisé "The Flop", d'autres ont vanté son inspiration démesurée. Qu'en dirais-je alors?
Que The Top est un petit peu le Very Bad Trip de Robert Smith, ayant égaré par mégarde son "siamese twin" Simon Gallup, qu'il est allé se coucher après Pornography ("Let's Go To Bed") et qu'il s'est réveillé dans le noir ("Wake up in the dark", dit-il dans "Shake Dog Shake"), un peu désorienté, ivre de la jungle de la hyène Siouxsie et de ses sbires (Severin en tête) et qu'il a ramené tout un bestiaire avec lui (des chats dans "The Lovecats", et des chiens, des oiseaux, des chenilles et des cochons dans "The Top"). Il est aussi parti à la cueillette aux champignons apparemment ("Dressing Up", avec ses claviers défoncés et son chant la tête dans le caniveau). Dans cette ferme des animaux, il est devenu le cochon despote ("Piggy In The Mirror", hallucinogène lui aussi), délaissant Lol Tolhurst aux claviers, qui entame sa disparition progressive qui se poursuivra jusqu'à Disintegration. Ses différents excès peuvent surprendre l'amoureux du Cure cold-wave, lorsqu'on a l'impression d'être perdu dans une fanfare militaire dans "The Empty World" ou dans une tempête du désert dans "The Wailing Wall".
Pour rejoindre Gaylord dans sa critique de l'édition deluxe, il faut reconnaître qu'Andy Anderson (batteur ici, au look quasiment vaudou, surprenant chez les Cure) était effectivement un putain de batteur : puissant, sec, au style extrêmement varié, il a donné une impulsion inédite au son du groupe, cela s'entend surtout sur Concert. On peut affirmer qu'il a permis à Boris Williams de poursuivre sur une voie plus puissante. La basse, tenue pour le coup par Robert Smith, fait plus penser à Steve Severin ("The Top", "The Empty World") qu'à Simon Gallup, et c'est peut être là le principal défaut de The Top. On pourrait même presque dire que les paroles finales ("please come back") pourraient s'adresser à ce dernier. Je n'ai, bien évidemment, rien pour le prouver.
Il y a quand même des chefs-d'œuvres sur cet album: "Shake Dog Shake" est un morceau qui ne ressemble à aucun autre, agressif, noyé dans la fumée, tout comme "Give Me It", grande hate song qui marque le retour de Porl Thompson, ce coup-ci au saxophone."The Top" est perfectible, mais reste un morceau hypnotique, tendu et digne du Cure "d'avant". "Bird Mad Girl" est fabuleusement pop, dynamique, même s'il se déroule dans un jardin exotique, tout comme "The Caterpillar", moins réussi mais qui démontre les possibilités musicales de Robert Smith.
En fait, débarrassé de quelques titres ("Dressing Up", "The Caterpillar", "The Empty World"), qu'on aurait remplacé par des faces b de l'époque ("Mr Pink Eyes", "Throw Your Foot"), on aurait eu un album sacrément débridé. The Top permet à Robert Smith de s'entraîner pour l'album suivant, en attendant d'avoir un vrai groupe, de prouver aux Banshees qu'il n'est pas que le "fat Bob" et qu'il est plus malin que ça.
Exotique et perfectible, The Top n'est pas top, d'accord, mais il permet à Robert Smith de découvrir de nouvelles pistes, qui feront la gloire du groupe par la suite. C'est déjà pas mal.
Pour ce qui est de la critique générale sur cet album, je n'ai pas la légitimité d'avoir vu évoluer le groupe à cette époque, je n'ai donc pas ressenti les frustrations qu'ont pu éprouver les fans purs et durs de Pornography. Mais j'ai tout lu et entendu sur ce disque: certains l'ont baptisé "The Flop", d'autres ont vanté son inspiration démesurée. Qu'en dirais-je alors?
Que The Top est un petit peu le Very Bad Trip de Robert Smith, ayant égaré par mégarde son "siamese twin" Simon Gallup, qu'il est allé se coucher après Pornography ("Let's Go To Bed") et qu'il s'est réveillé dans le noir ("Wake up in the dark", dit-il dans "Shake Dog Shake"), un peu désorienté, ivre de la jungle de la hyène Siouxsie et de ses sbires (Severin en tête) et qu'il a ramené tout un bestiaire avec lui (des chats dans "The Lovecats", et des chiens, des oiseaux, des chenilles et des cochons dans "The Top"). Il est aussi parti à la cueillette aux champignons apparemment ("Dressing Up", avec ses claviers défoncés et son chant la tête dans le caniveau). Dans cette ferme des animaux, il est devenu le cochon despote ("Piggy In The Mirror", hallucinogène lui aussi), délaissant Lol Tolhurst aux claviers, qui entame sa disparition progressive qui se poursuivra jusqu'à Disintegration. Ses différents excès peuvent surprendre l'amoureux du Cure cold-wave, lorsqu'on a l'impression d'être perdu dans une fanfare militaire dans "The Empty World" ou dans une tempête du désert dans "The Wailing Wall".
Pour rejoindre Gaylord dans sa critique de l'édition deluxe, il faut reconnaître qu'Andy Anderson (batteur ici, au look quasiment vaudou, surprenant chez les Cure) était effectivement un putain de batteur : puissant, sec, au style extrêmement varié, il a donné une impulsion inédite au son du groupe, cela s'entend surtout sur Concert. On peut affirmer qu'il a permis à Boris Williams de poursuivre sur une voie plus puissante. La basse, tenue pour le coup par Robert Smith, fait plus penser à Steve Severin ("The Top", "The Empty World") qu'à Simon Gallup, et c'est peut être là le principal défaut de The Top. On pourrait même presque dire que les paroles finales ("please come back") pourraient s'adresser à ce dernier. Je n'ai, bien évidemment, rien pour le prouver.
Il y a quand même des chefs-d'œuvres sur cet album: "Shake Dog Shake" est un morceau qui ne ressemble à aucun autre, agressif, noyé dans la fumée, tout comme "Give Me It", grande hate song qui marque le retour de Porl Thompson, ce coup-ci au saxophone."The Top" est perfectible, mais reste un morceau hypnotique, tendu et digne du Cure "d'avant". "Bird Mad Girl" est fabuleusement pop, dynamique, même s'il se déroule dans un jardin exotique, tout comme "The Caterpillar", moins réussi mais qui démontre les possibilités musicales de Robert Smith.
En fait, débarrassé de quelques titres ("Dressing Up", "The Caterpillar", "The Empty World"), qu'on aurait remplacé par des faces b de l'époque ("Mr Pink Eyes", "Throw Your Foot"), on aurait eu un album sacrément débridé. The Top permet à Robert Smith de s'entraîner pour l'album suivant, en attendant d'avoir un vrai groupe, de prouver aux Banshees qu'il n'est pas que le "fat Bob" et qu'il est plus malin que ça.
Exotique et perfectible, The Top n'est pas top, d'accord, mais il permet à Robert Smith de découvrir de nouvelles pistes, qui feront la gloire du groupe par la suite. C'est déjà pas mal.