Chronique de Abe-sapien (Xsilence)
Posté le 09/10/2008
Cinq ans que Elliott Smith nous a quitté. Cinq ans durant lesquels ses albums sont passés à la postérité, vénérés, loués, adulés. Entre-temps, la patine qu'a pris son album le plus dépouillé et le plus personnel n'en fini plus de nous vriller l'âme à chaque écoute. Déjà déchirant de beauté désespérée à sa sortie, Either/Or devient petit à petit une oeuvre à la charge émotionnelle rare. Le chant au bord du gouffre est devenu une mélopée surgie de l'au-delà, l'égrainage de notes désenchantées une complainte irréelle, le tout sur un son approximatif qui ne donne que plus de valeur à cet enchaînement de vignettes jouées avec les tripes d'une personne ravagée mentalement et physiquement. Comme s'il était là, assis à côté de nous, guitare sur les genoux.
Elliott Smith, comme beaucoup de poètes torturés, s'auto-psychanalysait par son art. En tentant de purifier son âme en en extrayant ses pensées les plus sombres, il parvenait à ce résultat hors du commun. Sa voix, emplie d'une détresse compacte mais pourtant chaleureuse et accueillante comme pour réconforter l'auditeur, s'en retrouve emplie d'une capacité d'évocation rare. Car ses morceaux sont loin de verser dans le misérabilisme le plus profond. Il subsiste souvent une lueur d'espoir derrière les pénombres prépondérantes. Rassurant, amical, la bonté du personnage transparait malgré le poids de ses troubles. Comme s'il voulait nous préserver de son mal être, nous confier ses états d'âme sans que ceux-ci ne déteignent sur la nôtre. Conscient de la puissance destructrice que pourrait avoir ces quelques chansons sur une âme en peine.
Cette générosité donne une valeur toute particulière à l'oeuvre d'Elliott Smith. Une dimension unique permettant de redonner un peu de sourire et de chaleur même en période sombre. Dimension qui démultiplie le rendu émotionnel de ses morceaux maintenant qu'il n'est plus là. Comme s'il tentait de nous rassurer de là où il repose désormais.
Elliott Smith, comme beaucoup de poètes torturés, s'auto-psychanalysait par son art. En tentant de purifier son âme en en extrayant ses pensées les plus sombres, il parvenait à ce résultat hors du commun. Sa voix, emplie d'une détresse compacte mais pourtant chaleureuse et accueillante comme pour réconforter l'auditeur, s'en retrouve emplie d'une capacité d'évocation rare. Car ses morceaux sont loin de verser dans le misérabilisme le plus profond. Il subsiste souvent une lueur d'espoir derrière les pénombres prépondérantes. Rassurant, amical, la bonté du personnage transparait malgré le poids de ses troubles. Comme s'il voulait nous préserver de son mal être, nous confier ses états d'âme sans que ceux-ci ne déteignent sur la nôtre. Conscient de la puissance destructrice que pourrait avoir ces quelques chansons sur une âme en peine.
Cette générosité donne une valeur toute particulière à l'oeuvre d'Elliott Smith. Une dimension unique permettant de redonner un peu de sourire et de chaleur même en période sombre. Dimension qui démultiplie le rendu émotionnel de ses morceaux maintenant qu'il n'est plus là. Comme s'il tentait de nous rassurer de là où il repose désormais.