Chronique de Abe-sapien (Xsilence)
Posté le 16/03/2007
Après le relatif succès, involontaire et dénigré par le groupe, de Piece Of Cake, Mudhoney se remet en question. Finit les débilités funs qui parsemaient ce disque, finit les morceaux plus accessibles, cap vers la pénombre et les ambiances glauques. Le groupe signe avec Tomorrow Hit Today une perle noire complètement incontournable.
Serait-ce un exorcisme ? Est-ce la manière qu'a trouvée le groupe pour tourner le dos au grand public et renvoyer les fans de grunge (donc de modes musicales) à leurs disques de Nirvana ?? D'autres auront trouvé des méthodes différentes pour faire fuir le public MTV, Mudhoney choisi de sortir un pur album de rock'n'roll crade et sombre pour montrer de quoi ils sont capables. La mode du grunge est passée, tant mieux, les groupes, débarrassés des dictats de l'industrie, peuvent enfin se lâcher et sortir les albums qu'ils veulent (Soundgarden, Pearl Jam, les Smashing Pumpkins sont eux aussi passés par là et en sont sortis plus que jamais grandis).
Et quel album !! Leur meilleur tout simplement...
"A Thousand Forms Of Mind" met d'entrée la barre au sommet: riffs énormes, son plus que jamais crade et significatif, batterie de bûcheron, voix plaintive et clavier venant ajouter une chape d'atmosphère d'outre tombe... Quelle baffe !!
Les purs morceaux garages à la Mudhoney sont plus que jamais inspirés et originaux: "Ghost", "Try To Be Kind", "Poisoned Water"... Les guitares fusent et tranchent, la batterie tabasse, la basse alourdi le tout, que demander de plus ? Les Strokes ou les Libertines tueraient pour écrire de si bons morceaux!!
Mais le groupe ne se contente pas de suivre la voie qu'ils tracent eux-mêmes depuis plus de dix ans maintenant. Les nouveautés viennent également pointer le bout de leur nez. Chant légèrement rappé sur le premier morceau, titres plus bluesy que jamais ("Real Low Vibe", "I Will Fight No More Forever", "Move With The Wind"), influences surf ("Night Of The Hunted")...
La direction plus dépressive et sombre atteint son maximum dans "This Is The Life" ou "Oblivion". Ici la musique se veut plaintive et lancinante. La batterie devient martiale et un poids énorme semble d'un coup nous peser sur les épaules. Les paroles de Mark Arm viennent également renforcer cette ambiance. D'autres titres comme "I Have To Laugh", possèdent eux aussi des vers d'un désenchantement extrême. Les deux derniers morceaux du disque, ""I Will Fight No More Forever" et "Beneath The Valley Of The Underdog" laissent complètement sur les rotules. Lents et dépressifs comme jamais, le groupe achève l'auditeur par deux salves empoisonnées.
Mudhoney pond un chef-d'oeuvre et seuls les survivants à l'écoute de cet opus peuvent en goûter à nouveau sa vénéneuse saveur. Ils prouvent donc, pour les éternels sceptiques, que leur talent est infini et humble malgré le je-m'en-foutisme apparent des gaziers.
Serait-ce un exorcisme ? Est-ce la manière qu'a trouvée le groupe pour tourner le dos au grand public et renvoyer les fans de grunge (donc de modes musicales) à leurs disques de Nirvana ?? D'autres auront trouvé des méthodes différentes pour faire fuir le public MTV, Mudhoney choisi de sortir un pur album de rock'n'roll crade et sombre pour montrer de quoi ils sont capables. La mode du grunge est passée, tant mieux, les groupes, débarrassés des dictats de l'industrie, peuvent enfin se lâcher et sortir les albums qu'ils veulent (Soundgarden, Pearl Jam, les Smashing Pumpkins sont eux aussi passés par là et en sont sortis plus que jamais grandis).
Et quel album !! Leur meilleur tout simplement...
"A Thousand Forms Of Mind" met d'entrée la barre au sommet: riffs énormes, son plus que jamais crade et significatif, batterie de bûcheron, voix plaintive et clavier venant ajouter une chape d'atmosphère d'outre tombe... Quelle baffe !!
Les purs morceaux garages à la Mudhoney sont plus que jamais inspirés et originaux: "Ghost", "Try To Be Kind", "Poisoned Water"... Les guitares fusent et tranchent, la batterie tabasse, la basse alourdi le tout, que demander de plus ? Les Strokes ou les Libertines tueraient pour écrire de si bons morceaux!!
Mais le groupe ne se contente pas de suivre la voie qu'ils tracent eux-mêmes depuis plus de dix ans maintenant. Les nouveautés viennent également pointer le bout de leur nez. Chant légèrement rappé sur le premier morceau, titres plus bluesy que jamais ("Real Low Vibe", "I Will Fight No More Forever", "Move With The Wind"), influences surf ("Night Of The Hunted")...
La direction plus dépressive et sombre atteint son maximum dans "This Is The Life" ou "Oblivion". Ici la musique se veut plaintive et lancinante. La batterie devient martiale et un poids énorme semble d'un coup nous peser sur les épaules. Les paroles de Mark Arm viennent également renforcer cette ambiance. D'autres titres comme "I Have To Laugh", possèdent eux aussi des vers d'un désenchantement extrême. Les deux derniers morceaux du disque, ""I Will Fight No More Forever" et "Beneath The Valley Of The Underdog" laissent complètement sur les rotules. Lents et dépressifs comme jamais, le groupe achève l'auditeur par deux salves empoisonnées.
Mudhoney pond un chef-d'oeuvre et seuls les survivants à l'écoute de cet opus peuvent en goûter à nouveau sa vénéneuse saveur. Ils prouvent donc, pour les éternels sceptiques, que leur talent est infini et humble malgré le je-m'en-foutisme apparent des gaziers.