Doolittle

Doolittle

Pixies

18 / 20 1989 4AD Album / CD  Vinyle  K7 Audio

Chronique de Abe-sapien (Xsilence) 4 / 20

Posté le 03/09/2008
Incontournable, indispensable, visionnaire... Rarement un groupe n'aura suscité autant de dithyrambes et en même temps autant d'incompréhension dans un style qui m'est pourtant familier. Plus d'une dizaine d'années après sa découverte et après des quantités d'écoutes voulues ou subies, les Pixies ne sont toujours pas parvenus à provoquer un quelconque frisson dans mon échine. Exemple avec leur album ‘phare', le mythique Doolittle.
Il faut croire que l'attrait de ce disque est bien profondément enfoui. Il faut dire que des tonnes d'ingrédients insupportables le recouvrent : un singe-batteur qui a dû trop biberonner de new-wave, une basse du même acabit formant à eux deux une session rythmique au groove proche de zéro et un son de guitare tantôt clair et insipide, tantôt distordu mais tellement mal mixé qu'il en devient inoffensif; écouter pour se rendre compte de l'ampleur des dégâts, les éclats des guitares durant "Tame". Difficile de faire plus insupportable. Quand aux riffs, on frise souvent le pathétique. Quand les doigts boudinés de Frank Black (ou Black Francis ou Francis Black, encore un qui ne sait pas ce qu'il veut) se posent sur le manche deux solutions s'offrent à lui : soit il ressort tel quel un bon vieil accord basique et le répète à l'infini, soit il plagie honteusement ses inspirations. Il peut s'estimer heureux que les Minutemen ou Hüsker Dü aient une éthique punk, sinon c'était procès pour plagiat assuré...
Par là-dessus viennent se greffer ses fameuses mélodies. Et là, il faut quand même avouer que parfois un éclair de génie traverse sa caboche. Outre le single toujours sympa "Monkey Gone to Heaven" ou "Gouge Away", on trouve de manière sporadique quelques mélodies digestes au milieu de se foutoir ("Silver" ou "Debaser" malheureusement saccagés par des arrangements à base de cris insupportables). Mais encore une fois, le reste se partage entre plagiats de la pop anglaise post-punk ("Wave Of Mutilation" ou "No. 13 Baby") et des mélodies simplistes à peine dignes de devenir une chanson enfantine crétine de Yves Duteil ("Here Comes Your Man", heureusement sauvée par une des très rares bonnes lignes de chant de l'album).
Voilà les seuls point positifs dégagés après une énième écoute de cet album. Là où les Pixies déclenchent des élans élogieux chez tout fan de rock alternatif, ils n'amènent chez moi que des sensations désagréables. Unanimité moins un...

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