Chronique de Easton ellis (Xsilence)
Posté le 29/07/2013
Confirmation du consensus. Nombreuses sont les sessions Unplugged à valoir le détour : Eric Clapton, Bob Dylan, Pearl Jam, R.E.M, Stone Temple Pilots, et bien sûr Nirvana. Mais bien plus qu'un détour, plus qu'un simple arrêt acoustique, ou une révélation qu' on ne supposait qu'à peine, le plus abouti, le plus touchant et simplement le plus beau Unplugged demeure celui d'Alice In Chains. Rien ne pouvait laisser présager qu'en 1996, la bande de Jerry Cantrell aurait pu réaliser un tel exploit. La belle époque semble déjà loin, beaucoup ont déjà disparus, beaucoup ne semblent plus avoir la flamme, et d'autres sont devenu des ombres. C'est le cas de Layne Staley. Accro depuis la sortie de Facelit en 1990, le chanteur du groupe ne semble plus en état. Après l'enregistrement des EP Jar Of Flies et Sap (1994),puis le lugubre album éponyme Alice In Chains l'année suivante, le groupe est au point mort. Staley s'est lancé dans l'épisode Mad Seson, pour y donner le chef-d'œuvre que l'on connait.
Le grand retour du groupe sur une scène (qu'il n'a pas foulé depuis deux ans) laisse planer de nombreux doutes. Applaudissements, les premières notes de "Nutshell" s'échappent de la guitare de Cantrell, et la chaude présence de la basse de Mike Inez nous plante le décor. Mais quand Layne Staley apparaît, derrière ses lunettes de soleil, et que ce grognement si caractéristique vient frapper les tympans, il n'y a plus de doute. Cette première piste est le départ d'une ballade sacrée. Les vocalises de Staley, et les slide de Mike Inez nous emmènent dans les abysses de la mélancolie. Déchirante déclaration d'amitié avec "Brother", dans laquelle les harmonies des voix entre Cantrell et Staley atteignent des sommets : "You were always so far away I know that pain and I won't run away like I used to do".
Véritable leçon rythmique de la part de Sean Kinney avec "No Excuses". Subtile, étoffée, sans être vulgairement démonstrative, l'envolée du batteur est un des exercices les plus difficiles et cathartique à réaliser. Les batteurs, et même n'importe qui comprendra vite de quoi il est question. Les harmonies vocales font à nouveau merveille. La voix de Staley garde toute sa force, et le chanteur (malgré le faux départ) laisse éclater le rauque de ses cordes vocales sur "Sludge Factory". Les compères Cantrell et Staley s'unissent à nouveau du souffle sur "Down In A Hole". Chanson (qui se devait) prophétique, malheureusement: "I have been guilty Of kicking myself in the teeth I will speak no more Of my feelings beneath". Cette oraison funèbre reste si douce, qu'on en oublierait presque ses amères paroles. Puis vient "Angry Chair", où à nouveau l'accord Cantrell/Staley (voix et guitares aussi) ne laisse plus de doute sur le côté "frères d'âmes" des deux amis.
Point d'orgue, composition méritant la canonisation, perfection tout en retenue et en humilité, les premières notes de "Rooster" viennent résonner dans un silence crépusculaire. Les voix des deux prêcheurs s'entremêlent, la montée se fait toute en légèreté, jusqu'à l'explosion de Staley. Du début à la fin, il y a un air de divin qui traîne, un je-ne-sais-quoi qui fait comprendre que de "ça", on ne s'en remettra jamais vraiment. "Got Me Wrong", à nouveaux ses harmonies vocales, et ses paroles si justes : "Wrong, in a sense too far gone from love, That don't last forever, Something's gotta turn out right". Vient la douce-amère "Heaven Besides You" et "Would ?". Cette version acoustique, pourtant moins puissante et moins pêchue que la version studio, laissera toujours la sensation que c'est dans cette version qu'elle est la plus forte.
Les tourments de l'addiction se transforment en mélopée mortuaire et morbide dans "Frog" : "Innocence spins cold cocoon Grow to see the pain too soon". Le rideau s'annonce dans "Over Now". Peut être l'une des chansons qui est (quelle ironie vu son titre!), l'une des plus gaies. Le petit inédit de sieur Cantrell, "The Killer Is Me", vient clore ce magnifique concert. Concert unique, magique, christique, et l'un des derniers de Layne Staley, tourmenté jusqu'au bout, et qui appliquera à la lettre ce qu'il chantait.
Cet album d'Alice In Chains vient confirmer qu'ils sont... plutôt étaient, parmi les plus grands. Encore une de ces expériences dont il est difficile de revenir, en tout cas, qu'on ne peut pas oublier...
Le grand retour du groupe sur une scène (qu'il n'a pas foulé depuis deux ans) laisse planer de nombreux doutes. Applaudissements, les premières notes de "Nutshell" s'échappent de la guitare de Cantrell, et la chaude présence de la basse de Mike Inez nous plante le décor. Mais quand Layne Staley apparaît, derrière ses lunettes de soleil, et que ce grognement si caractéristique vient frapper les tympans, il n'y a plus de doute. Cette première piste est le départ d'une ballade sacrée. Les vocalises de Staley, et les slide de Mike Inez nous emmènent dans les abysses de la mélancolie. Déchirante déclaration d'amitié avec "Brother", dans laquelle les harmonies des voix entre Cantrell et Staley atteignent des sommets : "You were always so far away I know that pain and I won't run away like I used to do".
Véritable leçon rythmique de la part de Sean Kinney avec "No Excuses". Subtile, étoffée, sans être vulgairement démonstrative, l'envolée du batteur est un des exercices les plus difficiles et cathartique à réaliser. Les batteurs, et même n'importe qui comprendra vite de quoi il est question. Les harmonies vocales font à nouveau merveille. La voix de Staley garde toute sa force, et le chanteur (malgré le faux départ) laisse éclater le rauque de ses cordes vocales sur "Sludge Factory". Les compères Cantrell et Staley s'unissent à nouveau du souffle sur "Down In A Hole". Chanson (qui se devait) prophétique, malheureusement: "I have been guilty Of kicking myself in the teeth I will speak no more Of my feelings beneath". Cette oraison funèbre reste si douce, qu'on en oublierait presque ses amères paroles. Puis vient "Angry Chair", où à nouveau l'accord Cantrell/Staley (voix et guitares aussi) ne laisse plus de doute sur le côté "frères d'âmes" des deux amis.
Point d'orgue, composition méritant la canonisation, perfection tout en retenue et en humilité, les premières notes de "Rooster" viennent résonner dans un silence crépusculaire. Les voix des deux prêcheurs s'entremêlent, la montée se fait toute en légèreté, jusqu'à l'explosion de Staley. Du début à la fin, il y a un air de divin qui traîne, un je-ne-sais-quoi qui fait comprendre que de "ça", on ne s'en remettra jamais vraiment. "Got Me Wrong", à nouveaux ses harmonies vocales, et ses paroles si justes : "Wrong, in a sense too far gone from love, That don't last forever, Something's gotta turn out right". Vient la douce-amère "Heaven Besides You" et "Would ?". Cette version acoustique, pourtant moins puissante et moins pêchue que la version studio, laissera toujours la sensation que c'est dans cette version qu'elle est la plus forte.
Les tourments de l'addiction se transforment en mélopée mortuaire et morbide dans "Frog" : "Innocence spins cold cocoon Grow to see the pain too soon". Le rideau s'annonce dans "Over Now". Peut être l'une des chansons qui est (quelle ironie vu son titre!), l'une des plus gaies. Le petit inédit de sieur Cantrell, "The Killer Is Me", vient clore ce magnifique concert. Concert unique, magique, christique, et l'un des derniers de Layne Staley, tourmenté jusqu'au bout, et qui appliquera à la lettre ce qu'il chantait.
Cet album d'Alice In Chains vient confirmer qu'ils sont... plutôt étaient, parmi les plus grands. Encore une de ces expériences dont il est difficile de revenir, en tout cas, qu'on ne peut pas oublier...