Tha Carter III

Chronique de Sagittarius (Sagi Hip Hop) 8 / 20

Posté le 10/06/2008

Il est partout, PARTOUT je vous dis, c’est à en devenir dingue : sur la majeure partie des sorties rap/r&b du moment, sur MTV, sur toutes les lèvres, en tournée promotionnelle,… Lil Wayne, Lil Wayne et encore Lil Wayne. Impossible de le louper, il était même sur l’album des Little Brother ! En deux ans seulement, il a cumulé un nombre incalculable d’apparitions, à tel point qu’il serait plus facile de faire la liste des artistes avec qui il n’a pas encore livré un couplet express par email. Alors que son entourage s’inquiète sur sa consommation personnelle de syrup (voir mon article « ce sirop qui empoisonne le rap »), le public rap doit subir sa boulimie de featurings. Boulimie effectivement car il a les yeux plus gros que le ventre à trop vouloir manger des instrus, et du coup ses couplets sont parfois indigestes, pire, à gerber selon moi. Est-ce que cette omniprésence dans le rap game fait de lui le ‘monsieur featuring’ du moment ? De mon côté, mon vote va pour Andre 3000, plus rare mais pas moins inspiré.

Tout ça pour dire que je ne me laisserai pas porter par le flot d’éloges incompréhensibles d’une presse musicale non-hip-hop (comme ce titre de MC le plus hot en 2007 largement contestable décerné par MTV) qui lui ont dessiné en quelques mois un buzz considérable. Pendant que ces mêmes journalistes créaient l’événement en annonçant Tha Carter III comme l’album rap US de l’année quitte à nous faire miroiter un classique avant l’heure, Wayne s’est comme enivré par l’odeur de la gloire et de l’adoration qui fait pousser les ailes et se sentir faire capable de tout. Et naturellement, les gens le trouvent incroyable parce qu’il se trouve lui-même incroyable et tout ce qu’il fait (comme jouer de la guitare électrique et rapper n’importe comment) est parfaitement génial. Une vraie rock star ce Weezy. OK, et moi je suis Philippe Manœuvre (sans les lunettes de soleil). Sans vouloir passer pour la personne qui crache systématiquement sur ce qui court plus vite que la musique, je tiens juste à faire savoir que Lil Wayne est effectivement devenu le rappeur au top : au top des MCs les plus surestimés (égalité avec 50 Cent), dans le top5 des pochettes les plus moches de l’année, etc…Bref, sans plus perdre de temps à décrire le phénomène qui l’entoure, voici mon verdict sur Tha Carter III.

Malgré tout, j’étais curieux d’écouter son premier single officiel, reste à savoir lequel allait finalement être choisi. Car entre tous les morceaux qui ont fini sur mixtapes, les reports de date de sortie, les changements de singles chaque semaine,… j’ai fini par jeter l’éponge. Il ne faut pas confondre perfectionnisme et indécision. Et quand, enfin, « Lollipop » feat Static (paix à son âme) s’est mis à circuler, ma réaction fut circonspecte : « C’est quoi cette daube ? ». J’ai beau chercher quelque chose de bien dessus, rien n’y faisait. Peut-être qu’en l’écoutant parmi les autres titres de l’album, ça passera mieux. Ensuite, il y a eu « A Millie » où je reconnais direct le beat de Bangladesh par ces grosses basses bien lourdes. Par contre le « a millie-a millie-a millie-a millie-a millie » incessant en fond, c’est insoutenable mais on finit par s’y faire au bout du compte. Avec tous ces éléments, je me suis mis à prédire ça et là que ce 3e volet atteindrait le ‘nawakisme’ absolu. Mon a priori s’est confirmé à l’écoute du snippet de l’album : Lil Wayne pousse la chansonnette, Lil Wayne se prend pour un rastafaraï, Lil Wayne invente des mots comme un bébé qui gazouille, Lil Wayne a avalé l’audiotune, Lil Wayne sort des phrases qui veulent rien dire,… Bienvenue chez Wayne’s world ! Non sérieux c’était quoi ce truc affreux ? Bon, conscience ‘professionnelle’ oblige : ne pas juger une œuvre à sa couverture (c’est pas gagné), se la passer en entier avant d’en tirer des conclusions hâtives. Essayons voir…

Honnêtement, il y en a des vertes et des pas mûres, et des choses lumineuses, des idées qui prennent formes et des fois complètement foireuses. Lil Wayne a voulu en faire trop, il fallait s’y attendre. Et où sont passés les « Showtime » et « Eat You Alive » avec Ludacris ? Pourquoi à la place on doit se farcir l’invraisemblable « La La » (produit par David Banner), le fameux morceau où Weezy retombe en enfance. Mis à part un Brisco transparent, seul Busta Rhymes arrive à quitter dignement les lieux de la catastrophe. Puis il a pris la fâcheuse habitude de faire de l’audiotune maintenant. Avec T-Pain sur « Got Money », ça passe encore, sur « Lollipop » c’est tolérable mais sur un beat d’Alchemist (« Nothin’ On me » feat Fabolous & Juelz Santana), c’est un ignoble sacrilège. C’est curieux tout de même de retrouver des producteurs Eastcoast (comme lui, Just Blaze, Swizz Beatz, Wyclef Jean et Kanye West à la limite) comme l’a fait T.I., c’est le monde à l’envers. Tha Carter II n’était déjà plus très Dirty South, le volume 3 l’est également, ça nous rendrait nostalgique du premier Tha Carter quatre ans plus tôt. J’en avais d’ailleurs oublié pourquoi je voulais à tout prix mettre la main sur ce disque : voir le résultat de sa collaboration avec Kanye à la production. C’est plutôt bon dans l’ensemble, on a droit à deux agréables ballades (« Comfortable » avec le crooner black Babyface et « Tie My Hands » avec le crooner blanc Robin Thicke), un « Shoot Me Down » très satisfaisant et le constructif « Let That Beat Build » en coopération avec Deezle (assez conceptuel comme morceau).

Mais le réel problème de Tha Carter III ne vient pas des productions (bonnes dans l’ensemble), mais de Lil Wayne lui-même : il est intenable, incapable de garder le même flow sur un même couplet. Pour sûr, on ne pourra pas lui reprocher de ne pas le varier ou d’être inventif. Démonstration sur « Mr Carter » avec Jay-Z (ils partagent le même nom de famille mais l’un ne surpassera jamais l’autre) : son interprétation est surjouée à fond (ça devient cinématographique sur « Playin’ With Fire »), il frôle le partage en couille et sur pas mal d’autres tracks aussi. Toutefois, cette chanson s’écoute plus aisément que « Hello Brooklyn » sur American Gangster. Le lot de reproches n’est pas terminé, car lyricalement, ce qu’il déblatère est complètement abstrait voire loufoque. Il assemble des phrases sans queue ni tête les unes après les autres et ça aboutit à « A Millie ». Mais où Lil Wayne trouve-t-il toute cette imagination ? Réponse sur « Phone Home » : Weezy est un extra-terrestre. Qu’on se le dise.

J’en suis arrivé à faire cette comparaison : Lil Wayne est au rap ce que l’art contemporain est à l’art moderne. C’est spontané, imprévisible, osé, totalement désordonné, pas toujours esthétique et vraiment n’importe quoi. Et au milieu de ces fresques aux règles artistiques sens dessus dessous, on y trouve inévitablement un trait de génie : « Dr Carter ». Lil Wayne enfile sa blouse blanche sur cet instru savoureusement jazzy extrapolant le « Holy Thursday » du célèbre David Axelrod. Swizz Beatz ne s’est pas trop foulé mais il use ce sample à merveille. Une chose est sûre, jamais je n’aurais deviné qu’il en était le producteur, j’en suis resté pantois. Dans cette mise en scène qui grimpe en intensité vers chaque fin de couplet, Weezy parvient à sauver le 3e patient et redonner vie … au Hip-Hop. Il y est arrivé, mais uniquement sur ce brillant morceau. Quoique « Misunderstood » (reprenant une boucle de Nina Simone) n’a que l’adjectif ‘magnifique’ pour le qualifier. Voilà la facette de Lil Wayne qui me plaît, pas celle du rappeur déraisonnable gaspillant son énorme potentiel (car il en a, je suis formel) à tort et à travers et qui ne parvient pas à contrôler sa créativité débordante. Dans le top20 des faiblesses de ce disque, on retrouve à la 21e place l’absence de son père spirituel Baby aka Birdman. Qu’il soit dessus ou pas me fait ni chaud ni froid après tout, c’est plus lui qui a besoin de son fiston adoptif sur ses disques.

Alors, Tha Carter III un classique ? sûrement pas, même pas en rêve. J’espère sincèrement qu’une probable réunion des Hot Boyz lui remettre les idées en place.


Chronique de JB (Abcdr du Son)

Posté le 10/08/2008

En 2004, à la sortie du premier volet de la trilogie « Tha Carter », Lil’ Wayne était déjà un visage familier du hip-hop contemporain, mais pas tout à fait une star. Biberonné dès l’âge de 12 ans par le label Cash Money à la Nouvelle Orléans, Dwayne Carter Jr formait l’une des pièces du dispositif mis en œuvre par les frères Brian et Ronald Williams, figures tutélaires d’une structure locale transformée en machine de guerre. A la fin des années 90, l’imagerie plaquée or des « Cash Money Millionaires » couvrait des pages entières de magazines, dont Lil’ Wayne était alors le plus jeune représentant – et, pour beaucoup, le plus faible. Aujourd’hui, on remarque à peine le logo Cash Money au dos de la pochette de « Tha Carter 3 », son sixième album. Car en l’espace de quatre ans, l’enfant du quartier Holygrove est non seulement devenu une méga-star du hip-hop, mais aussi l’une des ses plus étranges mutations.

Il y a du Michael Jackson chez Lil’ Wayne. L’un est « King Of Pop », l’autre s’est proclamé « Best rapper alive ». Le premier a grandi sur scène avec les Jackson Five. Le second était le benjamin des Hot Boys, groupe monté avec ses comparses Juvenile, Turk et BG. De cette enfance hors-normes, les deux artistes ont hérité d’une image trouble : la relation presque incestueuse entre Lil’ Wayne et Brian Williams nourrit régulièrement les tabloïds hip-hop et à l’instar de Bambi, la sexualité du rappeur demeure une énigme. Avec ses dreadlocks, sa pomme d’Adam proéminente et son regard enfumé, Wayne dénote dans le décorum rap des hautes sphères, et semble aujourd’hui évoluer dans un univers dont il est le seul occupant : un Neverland où l’artiste enregistre huit morceaux par nuit, consomme du sirop de codéine jusqu’à la zone rouge et croasse des couplets schizophrènes d’une voix qui, malgré ses 25 ans, semble s’arracher en vain de l’adolescence.

Cette personnalité improbable est l’intérêt central de « The Carter 3 », album événementiel retardé jusqu’à l’obsession, monté en épingle et descendu en flammes avant même sa sortie. Tout récemment, le magazine RollingStone qualifiait Lil’ Wayne de « Best Rockstar Alive » pendant que sur le web, les débats entre fans tournaient à la guerre de tranchée : « FUCK LIL WEENY!! I been hatin on this clown since day 1 » écrivait il y a peu un posteur parmi d’autres sur le site xxlmag.com. Le dernier album du MC, « Tha Carter II » est sorti en 2006. Pourtant ce n’est plus le même artiste que l’on entend aujourd’hui. Lil’ Wayne est encore plus imprévisible, sa voix usée par les dérapages, et surtout, il arrive aujourd’hui en position de force : « They can’t stop me, even if they stopped me » annonce-t-il dès le triomphant ‘3-peat’ qui ouvre l’album, avec ce sens de la formule curieuse qui confine parfois au génie quand il ne frise pas le ridicule.

Pendant la première partie de sa carrière, Lil’ Wayne était un pur produit de l’usine Cash Money. C’est Mannie Fresh, producteur-maison du label, qui prenait en main l’intégralité des albums avec le bounce sudiste qui le caractérise. A partir de « Tha Carter », Mannie Fresh a pris ses distances avec le label. Quelque part, son départ a permis à Lil’ Wayne d’arriver là où il est aujourd’hui : il est désormais de ces MC’s qui peuvent exister sur tous les formats. Et si « The Carter III » doit être son chef d’œuvre, alors il sera comme le « Life After Death » de Notorious BIG. Un album multi-directionnel, un grand zapping entre les univers qui permet à l’artiste de définir tout l’éventail de son talent au milieu d’un vaste contingent d’invités : T-Pain à la place de R.Kelly (‘Got Money’), Alchemist dans le rôle du représentant de l’asphalte new-yorkais (‘You ain’t got nuthin ») ou Kanye West sur le créneau soul de RZA (‘Let the beat build’). Mission accomplie : Lil’ Wayne réussit à rendre cohérents les uns avec les autres un morceau-concept (‘Dr Carter’), une collaboration d’élite (‘M Carter’ avec Jay-Z) ou une superbe errance rock (‘Shoot me down’). Mais à l’intérieur de cet énorme blockbuster, il reste un électron libre, un vocaliste désinhibé qui fait oublier la notion d’effort et ne semble suivre que son instinct immédiat.

Reste ce sentiment que Lil’ Wayne pouvait aller bien plus loin. Au cours des trois dernières années, il s’est lancé dans une course effrénée ponctuée par plusieurs mixtapes d’exception (la série des « Dedication »), une pluie de couplets marquants (‘Hollywood Divorce’ avec OutKast) et des dizaines de titres remarquables qui, triés et sélectionnés, formeraient facilement le chef d’œuvre absolu que « Tha Carter III » n’est pas. A la place, Lil’ Wayne évolue à l’intérieur d’un disque d’aujourd’hui, segmenté en fonction des cibles (les filles et les radios sont gâtées), immunisé contre l’échec commercial mais à l’intérieur duquel peut surgir un coup de folie comme ‘A Milli’ : 3 minutes 42 de rap aléatoire, une production escarpée, à mi-chemin entre l’accident rythmique et l’incantation vaudou, et un Lil’ Wayne en transe. Après un tel exercice de style, on n’ose imaginer l’œuvre incroyable (ou l’anévrisme créatif) qu’aurait pu être « Tha Carter III » si, à l’instar du producteur Bangladesh, tous les protagonistes de l’album avaient poussé Lil’ Wayne dans ses retranchements au lieu de lui dérouler le tapis rouge.

Regret vain : l’énorme succès populaire de l’album – un million de personnes l’ont acheté dès la première semaine – vient rappeler que Lil’ Wayne est avant tout un rappeur pour tous plus qu’un savant fou reclu. Mieux : il est les deux à la fois. Alors pour fêter dignement ce nouveau disque de platine, son premier réflexe a été de retourner en studio pour enregistrer un énième freestyle sur l’instrumental de ‘A Milli’. Il a alors détaillé son programme à court terme : se lancer dans l’enregistrement de « Tha Carter 4 »… puis « The Carter 5 ». Le rappeur ne mentait donc pas : personne ne peut l’arrêter, pas même la consécration. Dans le Neverland de Lil’ Wayne, la vie a déjà repris son cours.


Chronique de Simon (Goûte Mes Disques) 18 / 20

Posté le 23/12/2008

Aborder Tha Carter III a quelque chose de paradoxal: écrire une chronique pour le disque le plus vendu de 2008 n’a plus rien de promotionnel, et pourtant le propos tentera de rester lucide et impartial. Alors pourquoi bon dieu aller plus loin dans cette tentative d’analyse alors que bon nombre de rédacteurs m’ont ici anticipé ? Peut-être tout simplement parce que cette troisième livraison de Lil Wayne est tout simplement exceptionnelle. Exceptionnelle à bien des égards d’ailleurs. Le chemin était censé s’arrêter ici: trois disques pour une trilogie Tha Carter qui compte comme une balise dans le hip hop dirty south, trois disques qui ne font finalement que consacrer la place centrale qu’occupe Lil Wayne dans ce rap jeu américain.

Les sorties typées « crunk » sont légion aux States et on est en droit de se demander ce qui fait encore la différence entre une bonne sortie et un navet de seconde zone. L’implication et le talent, on ne le répétera jamais assez. Et à ce jeu, Waynee distance de loin le reste de la troupe. Ses productions sont deux crans au-dessus de la moyenne, son flow abrite une éloquence qui décapite tous ces débits monotones, son attitude à mi-chemin entre le millionnaire (qu’il est) et le gardien du peuple d’en bas lui donne une crédibilité indiscutable. Et pour passer d’une saynète à une autre, Lil Wayne revêt moult costumes, n’hésite pas à imager ses propos de situations loufoques - ici il est tour à tour chirurgien, extra-terrestre perdu sur terre ou amoureux transi d’une femme policier.

Mais le costume qui lui convient le mieux est encore celui de « Best Rapper Alive », titre qu’il s’était lui-même décerné il y a de ça quelques albums maintenant. Affirmant que de son vivant il serait la référence ultime en matière de hip hop, Lil Wayne mettait tout le monde au diapason, exaltant le cœur de fans comme les foudres de ses concurrents. Force est de constater que le fond comme la forme sont présents de bout en bout pour croire, ne serait-ce qu’un peu, à cette suprématie du requin de la Louisiane.

La forme est soignée de manière maladive; passant de productions pour millionnaire (« A Milli », « Got Money », « Lollipop », « You Ain’t Got Nuthin ») à des hymnes souls (le magnifique « Tie My Hands », « Let The Beat Build » concoctée par Kanye West, « Mrs Officer ») Waynee enclenche son ascension dans des conditions de rêve et gravit les paliers avec une assurance de tous les instants. Même les collaborateurs prestigieux (Jay-Z, T-Pain, Busta Rhymes, Babyface) ne parviennent pas à faire oublier la présence de Carter tellement celui-ci est imposant à notre vue. En ce sens, Lil Wayne produit un blockbuster au casting monstrueux dont il est au final la seule star incontestable. Chaque parcelle de ce disque est dégoulinant de l’esprit créateur du emcee de la Nouvelle-Orléans. Comme il aime le rappeler dans « Phone Home », le rap jeu est son supermarché, sauf que son caddie est gros comme un Hummer et que sa carte bleue est faite d’or. Difficile de faire mieux.

Ceci n’étonnera personne de savoir que ce disque est une usine à tubes, des singles partant dans diverses directions pour caresser son auditeur dans le sens du poil sans jamais lasser, tâtonnant sur chaque nouvelle piste pour mieux parader sans jamais tomber. Une musique populaire en somme. Bonne cette fois-ci. Revient alors la comparaison qui fâche. Waynee, digne successeur du « King Of The Pop » ? On pourrait le penser: plus que pour sa sexualité ambiguë (pas de biatch dans ses clips) ou sa passion controversée pour les enfants, Lil Wayne a ceci de commun avec Michael Jackson:sa propension à user de son image, à vendre une musique accessible et pourtant excessivement fouillée à des millions d’auditeurs sans jamais pouvoir contester, de quel côté qu’il soit, le talent et la musicalité qui émanent de ces deux superstars.

Un rire qui vaut des milliards de dollars, un disque qui a mis l’industrie musicale à genoux, une nouvelle sortie qui change l’image que nous renverra l’année 2008 dans les temps à venir, un MySpace visité presque deux cent millions de fois, une trilogie qui se termine alors qu’elle semble faite pour continuer cent ans, un personnage aux mille visages, un cannibale qui a remplacé le Christ de Rio dans sa quête du monde, le disque le plus vendu de cette année écoulée et peut-être le plus inspiré aussi, le visage souriant d’une région dévastée des Etats-Unis, l’ultime arrogance d’un genre immoral, la créativité incarnée. Tha Carter III est tout cela à la fois et même plus. Alors Lil Wayne, Best Rapper Alive ? Qui oserait encore en douter?


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