Field Songs

Field Songs

Mark Lanegan

18 / 20 2001 Sub Pop Album / CD

Chronique de Abe-sapien (Xsilence) 19 / 20

Posté le 30/01/2007
Quelle évolution admirable que celle de Mark Lanegan !! Mis de côté de la vague grunge avec les Screaming Trees par les médias (musique pas assez vendeuse, musiciens pas assez glamours), alcoolique incurable, il n'en devient pas moins une figure incontournable de la musique américaine. Sa carrière solo, commencée au moment où les Screaming Trees commençaient à douter de leur pérennité, arrive ici au sommet. Il est secondé, encore une fois, par des musiciens prestigieux: Ben Shepherd principalement (ex-Soundgarden), Mike Johnson à nouveau, Chris Goss... Scraps At Midnight frôlait la perfection, c'est chose faite avec Field Songs.

Mark Lanegan a finalement trouvé sa patte dans ce style musical assez simple. Construite album après album, cette touche personnelle est désormais entière et reconnaissable. La production aussi est au sommet sur ce disque. Les instruments sont parfaitement audibles et n'entachent en rien la magnifique voix de velours du chanteur. Mieux, ils la servent pour la mettre en valeur de la meilleure façon possible.
Cet opus regorge donc de morceaux très simples musicalement mais à l'émotion infinie. "Phil Hill Serenade" où la voix se trouve portée par un clavier aérien, "She Done Too Much" et ses choeurs retenus...
De magnifiques ballades folk sont toujours au programme. La géniale introduction de l'album: "One Way Street" où les arrangements piano/guitare posent l'ambiance calme et apaisée du disque d'entrée de jeu. "Field Songs" où Mark Lanegan chante encore plus bas que d'habitude atteignant un degré de perfection admirable. "No Easy Action" magnifié par des choeurs et un clavier qui donne un ton angélique au morceau.
Enfin, des pépites indescriptibles, véritables chefs d'oeuvre du genre parsèment cet album. La palme revient à "Kimiko's Dream House", où la voix juste et rauque du chanteur s'envole dans des lignes de chant d'une perfection rare. Fields Songs, déjà évoquée, atteint également le sublime et décuple la valeur de cet opus. Finalement, un morceau instrumental, fait assez rare chez Mark Lanegan, "Blues For D", écrit en collaboration avec Ben Shepherd, déroule une ambiance brumeuse où l'on ressent les influences des étendues vertes américaines. Au niveau de l'ambiance, assez proche de certains titres de Neil Young, ce morceau prouve que le chanteur a trouvé sa propre voie dans la masse de chanteurs folks yankees.

Après ce disque très personnel, Mark Lanegan peut désormais suivre sa propre route, débarrassée des influences qu'il a honoré une dernière fois dans son précédent album I'll Take Care Of You entièrement composé de reprises. Il maîtrise sa voix à la perfection, elle est plus puissante et posée que jamais, et la musique sait la porter pour en tirer le maximum. Mark Lanegan peut donc, avec cet album, être considéré comme un très grand artiste et récolter les lauriers de l'énorme influence qu'il a eu sur des tonnes de groupes.

Retour à l'accueil