Chronique de Kiko (Abcdr du Son)
Malgré son titre utilisé une bonne centaine de fois depuis vingt ans, Raw Sh!t nous a un peu pris par surprise. En effet, la jeune carrière de Bisk s’était jusqu’ici faite dans la discrétion. Tout juste l’avait-on entendu sur l’EP éponyme du collectif Cult of the Damned, sorti fin 2015 chez Blah Records. Au milieu des Lee Scott, Tony Broke, Black Josh et autres timbrés du Nord de l’Angleterre à fort accent, le Londonien ne s’était pas franchement fait remarquer. Il était dès lors impossible d’imaginer qu’il sortirait, quelques mois plus tard, un projet aussi réussi que celui-ci.
La sobriété de Bisk est peut-être justement sa principale qualité. Pas d’esbroufe technique, d’envolées expérimentales ou de concepts alambiqués ici. Le flow nonchalant du rappeur et les productions inquiétantes plantent une atmosphère dense, donnent une impression de colère froide. Ce n’est qu’à l’occasion des dernières minutes de l’EP et de « Pimpfunk » que Bisk hausse le ton, comme excédé par la rage accumulée sur les sept pistes précédentes, passées à conter le quotidien d’un jeune lad de Walthamstow, au Nord de Londres, entre rêves de grandeur et petite criminalité.