Chronique de Elephantboy (Xsilence)
Posté le 06/02/2005
Issu de la maison de disque Saddle Creek (The Faint, Bright Eyes) qui prône les groupes expérimentaux et quelque peu marginaux, Cursive s'inscrit dans une liste très brève d'artistes qui refusent de jouer le jeu du marketing et qui se réinventent à chaque album. Après trois albums passés sous un silence presque absolu, Cursive présente encore une fois un opus très peu accessible mais qui s'avère à être un véritable festin pour les amateurs de rock psychédélique poussé à son extrême. Irrévocablement chaotique, s'appropriant à sa façon le rock indie et ambiant, le punk et parfois même la pop, The Ugly Organ est ni plus ni moins qu'une introspection exhaustive des labyrintes que suivent les émotions humaines. Dès les premiers moments de l'album, le groupe réussit à baigner ses auditeurs dans une tragique fatalité, un véritable exutoire à frustrations et à vices cachés. Véritables bricoleurs, les cinq membres du groupe ont su greffer aux instruments rock conventionnels un violoncelle amplifiant l'ambiance inquiétante, tout en ajoutant de façon subtile une touche classique à l'album. Tressautant à chacune des émotions expulsées de Tim Kasher, les guitares s'accordent au propos tordu et transcendant, délirant avec les rythmes saccadés de la batterie. Indissociable, The Ugly Organ fait vibrer la corde sensible des émotions, véritable fantasme pour des oreilles masochistes...