III

III

Sharko

17 / 20 2004 Bang! Music Album / CD

Chronique de Nicolapon (Xsilence) 19 / 20

Posté le 02/10/2007
Ce qui est bien avec Sharko et qui les différencie très nettement du reste de la (très bonne) scène rock belge actuelle, c'est l'omniprésence de surréalisme dans leurs textes et leurs mélodies.

III en est certainement le plus bel exemple. D'abord, le disque commence par "Tonite", une sorte d'introduction crado qui annonce la couleur tout en promettant 'a wonderful night' et 'a great show' ; et on ne sera pas déçu.
Ensuite, le groupe enchaîne sur "Spotlite", single à la mélodie imparable où l'on ne peut que chantonner avec le groupe les 'toudoudou' du refrain, que l'on écoute le morceau dans son salon ou en live. Puis David Barholome enchaîne sur des titres plus intimistes, il y a d'abord "Ripoff (a Phone Call)" qui met en scène le coup de téléphone désespéré d'un amoureux névrosé. Même lorsque les textes sont plus sombres, la mélodie est sautillante et la poésie reste bien présente. Dans "Sing LA", on reprend le thème de l'amour déçu et on recommence. Mêmes ingrédients et même réussite, impossible de ne pas chantonner le refrain, impossible de ne pas être ému par la voix inspirée de David. Le sommet de l'album arrive peut-être. Car "Excellent (I'm Special)" réunit tous les points forts du groupe. Une mélodie qui reste dans la tête, un refrain simple qu'on pourrait chanter toute la nuit, une émotion à fleur de peau. Cet hymne à l'égocentrisme et à l'auto conditionnement conclut la première partie de l'album.
Arrive alors "Les Eagles", morceau très court qui ressemble au groupe, bizarre, très deuxième degré. Puis les morceaux s'enchainent, moins guillerets, mais toujours chantés par la voix écorchée de David. Et toujours ces mélodies entêtantes. "President", "Car Was", "YMCO", "Bath"... Tous ces morceaux à la fois mélancoliques et joyeux sentent bon la sincérité. Car c'est une autre caractéristique inhérente à Sharko. David Bartholomé semble toujours habité par une honnêteté qui pardonne tout le reste. Sincérité et émotion sont d'ailleurs les deux mots qui viennent à l'esprit après l'écoute de "King Fu", morceau mélancolique et magnifique qui termine l'album de belle façon, après un essai au rap sur "Luv Mix", et avant un instrumental sympathique mais pas indispensable "Stuck T", et à nouveau "Tonite" pour nous rappeler qu'on a passé 'a wonderful night' et 'a great show'.

Sharko est un groupe sympa, qui ne se prend pas la tête et dont les compos sont émouvantes, touchantes ou sautillantes mais toujours sincères et pleines de ce surréalisme belge qui réussit si bien au groupe.

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