Music For The Masses

Music For The Masses

Depeche Mode

17 / 20 1987 Mute Album / CD  Vinyle  K7 Audio

Chronique de Machete83 (Xsilence) 17 / 20

Posté le 29/07/2013
Plus de 25 ans après sa sortie, Music For The Masses reste peut-être l'album le plus "frais" de Depeche Mode. Frais comme un matin d'été, baigné par un soleil revigorant, encensant la fête des corps et des synthés...

Ainsi, Depeche Mode propose des chansons plus immédiates, telle "Strangelove" à la séquence de basse des plus efficaces et à la mélodie entraînante. Laissés enfin libres par Daniel Miller, le groupe trouve une certaine légèreté qu'il n'avait que peu connu jusqu'alors. Les synthés typiquement eighties ne sont heureusement pas indigestes et les branchements compliqués que fait Alan Wilder donnent des expressions soniques uniques comme sur "Never Let Me Down Again", hymne du groupe, et chanson pouvant traiter à la fois des drogues et de l'amitié, chacun choisira son interprétation... On atteint des moments de grâce épiques, comme sur le titre sus mentionné et sur "Pimpf", plein de majesté. Seul "Little 15" pourra paraître emmerdifiant, mais il n'est pas dénué de mélodies lui non plus. Martin Gore prend un peu plus confiance en son chant (il faudra attendre l'album suivant pour qu'il en ait la parfaite maîtrise...) et se révèle une fois de plus touchant sur le coucher de soleil désespéré qu'est "The Things You Said", avec ses synthés à la fois glorieux, enfantins et dépressifs. Les paroles peuvent sembler parfois encore maladroites mais c'est aussi là le génie de Gore : faire d'un truc un peu gnan gnan une belle chanson... Mais la petite boucle d'or sait aussi faire preuve d'une perversité à toute épreuve comme sur "Behind The Wheel", qui transpire comme un film érotique italien. Chacun choisira son interprétation aussi... Quant à "Nothing", ses synthés frais font le même effet qu'un gel douche frais (vous sentirez l'inspiration à toute épreuve sur cette chronique) lors d'une douche rafraîchissante. Les chœurs et la guitare disco finissent par vous mettre de bonne humeur, chose rare chez les Depeche. Cependant, il ne faut pas oublier que ces gars-là ont toujours un peu de noir sur eux, et "To Have And To Hold" distille de nouveau une ambiance empoisonnée et toxique. Là encore l'intro est une idée de Wilder, la version du disque étant celle choisie par ce dernier et celle de l'extra track par Martin Gore, pour donner une idée des méthodes de travail de chacun... Un titre court et lent à la fois, bilan des pertes de l'âme humaine. L'un des meilleurs titres de l'album et de toute leur carrière aussi. Repris plus tard par Deftones, conservant cette note d'urgence dans le titre derrière des guitares grasses...

Plus dynamique, plus pop ("Sacred"), plus lumineux, ce Depeche Mode allait enfin conquérir les masses, le groupe devenant à la fois une institution pour les stades et une référence en terme de travail en studio.

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