Naturality

Naturality

Orb

18 / 20 2017 Flightless / Castle Face Album / CD  Vinyle  Numérique

Chronique de Beckuto (Xsilence) 18 / 20

Posté le 06/10/2017
Naturality surprend dès la première seconde, "Hazelwart" ouvre le disque accompagné par de petits bruits synthétiques et d'une basse toute douce quasi berçante... ORB aurait changé ? Batterie et guitare électrique furieuses arrivent et la réponse est NON !

Enfin, pas un non catégorique, on peut déjà entendre qu'un petit truc a changé, est-ce le son de la guitare fuzz ou le simple fait que la production soit montée d'un cran ? L'héritage Black Sabbath est toujours présent. Très vite le groupe va quand même démontrer qu'ils ne sont pas qu'un simple groupe de remplacement (comme si on pouvait les remplacer...) et surtout qu'ils sont capables d'évoluer intelligemment, sans se perdre. C'est assez troublant au départ, mais imaginez que Syd Barrett soit à la place d'Ozzy et qu'il devient le compositeur principal... "A Man In The Sand" et "You Are Right" (cette basse !) en seraient les résultats plus que convaincants. Une guitare acoustique et un synthé accompagnant le trio d'instruments habituels pour faire du space-rock dans ORB ?! Quelle bonne surprise ! Le groupe décide d'emmener leur Heavy-Doom vers des contrées plus psychédéliques et le font de nouveau avec une sacrée maîtrise. L'esprit Blue Öyster Cult n'est pas très loin non plus. Pas d'inquiétude à avoir pour tous ceux qui ont adoré leur premier opus, ils n'ont pas non plus pris un énorme virage, "O.R.B." est là pour vous rassurer, tout ce que vous avez délicieusement ingurgité vous est de nouveau servi, près de 9 minutes d'excellents riffs, de coups dans le ventre, de différents mouvements cohérents, du Heavy Progressif – un pur bonheur auditif. La Face A que l'on va qualifier d'osée se termine comme elle a commencé, avec les bruits synthétiques et la douce basse, il semble que ce soit un thème pour l'album qui risque de revenir.

La Face B est de suite plus "classique", continuant l'œuvre entamée avec le précédent disque. C'est celle où l'on ne boude nullement son plaisir en se délectant de compositions toutes aussi réussites les unes que les autres ; ces gars vont me rendre fou à enchainer les bombes aussi facilement. Par petites touches ils essayent d'apporter du neuf à leur son, la dernière partie bien groovy de "Immortal Tortoise", l'intro et les breaks aériens acoustiques de "Flying Sorcerer" et surtout l'aspect Pink Floyd de "Rainbow's End" – comme je l'ai dit plus haut, c'est Barrett qui entre dans la bande de Sabbath et en prend le contrôle sauf que Geezer Butler ne se laisse pas faire et on a là un combat de titans qui sert la musique ; à croire que les gars du groupe ont décidé de mettre les 2 perles à la fin de chaque face. Et le disque se termine par ? Pas la peine de le préciser vous avez sûrement deviné.

ORB a réussi à rendre Naturality aussi bien voir meilleur (mais de peu) que Birth ; le challenge semblait insurmontable, bien heureux qu'ils aient prouvé le contraire. Longue vie à eux.

Chronique de Pierre (Goûte Mes Disques) 16 / 20

Posté le 27/11/2017

Il est normal d'accorder davantage d’intérêt aux Australiens de ORB qu’au dernier abruti adoubé par les NRJ Music Awards, notamment quand on connaît les maisons-mères du groupe : Castle Face Records et Flightless Records, respectivement label d’un certain John Dwyer (monsieur Thee Oh Sees) et auberge d’à peu près tous les compatriotes de King Gizzard & The Lizard Wizard dignes de notre intérêt. Malgré ce joli pedigree et un premier album (Birth) plein de guitares saturées et de riffs sabbathiens, le groupe n'est pas bien populaire par chez nous.

Quoiqu'il en soit, et comme sa pochette d’une sobriété exemplaire le laisse suggérer, les Australiens passent avec Naturality du côté un peu plus light de la Force, sans pour autant adoucir le propos. Car la vague psychédélique qui continue de déferler sur la planète n’a pas épargné ORB, le groupe enrichissant ainsi une formule certes très qualitative, mais relativement anachronique. A la noirceur des riffs (« O.R.B ») se mêlent aujourd'hui des velléités plus aventureuses, souvent par le biais de sonorités analogiques assez cosmiques ou d’allusions directes à leurs collègues australiens précédemment évoqués ("You Are Right").

Bien évidemment, on conserve ici ce qui confère à ORB une sacrée puissance de frappe : un son pachydermique et oppressant, une très grosse basse qui roule, quelques couinements vigoureux et une batterie martiale qui confère à certaines compositions un aspect cathartique. De quoi aboutir à un hard rock tutoyant le stoner, parfois la musique psychédélique, et qui semble finalement bien s’accoutumer de son statut un peu bâtard à une époque le hard rock ne semble plus faire bander qu'une poignée de crasseux. 

Rappelant au hasard Black Sabbath ou d'obscures formations aujourd'hui vénérées comme BANG, évoquant plus récemment Fuzz ou CFM, le groupe démontre avec inspiration et habilité que le hard rock n’a rien de désuet lorsqu’il ne se borne pas à l’auto-parodie et ne se suffit pas de ses propres clichés. Espérons tout de même qu'il reste quelques irréductibles suffisamment couillus pour en apprécier les vertus. 


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