Luminous

Luminous

The Horrors

18 / 20 2014 XL Album / CD  Vinyle  Numérique

Chronique de Pliskin (Xsilence) 18 / 20

Posté le 05/05/2014
3 ans après le très bon Skying, The Horrors nous reviennent avec leur quatrième opus Luminous.

Avec ce nouvel opus, The Horrors affirment encore plus le son et le virage qu'ils avaient abordé avec l'album précédent. Luminous se révèle en effet encore plus pop et dansant que Skying et fait même preuve de beaucoup plus de cohérence que son prédécesseur. L'ensemble du disque est teinté de couches atmosphériques accompagnées de la voix incantatrice de Faris Badwan. Il y dévoile clairement des nuances de sa voix encore jamais entendues comme sur le titre "Change Your Mind".

Cet album se révèle au fil des écoutes avec un univers à la fois entêtant, hypnotisant, onirique et psychédélique. Jamais The Horrors n'avaient semblé aussi cohérents, jamais les contours du groupe n'avaient été aussi bien définis que sur cet album. The Horrors semblent clairement avoir trouvé leur identité, ils semblent avoir accompli leur métamorphose définitive avec Luminous.

Mention spéciale à "So Now You Know", "In and Out of Sight", "I See You" et "Change Your Mind".

Chronique de Amaury L (Goûte Mes Disques) 10 / 20

Posté le 14/05/2014

La bête Horrors est en perpétuelle évolution. On pensait tenir les parfaits héritiers de Bauhaus, des Sisters Of Mercy et des Chameleons en entendant Strange House (2007) et Primary Colours (2009), mais v'la-t'y pas que le monstre gothique avait pris les traits d'un superbe papillon psyché, voire shoegaze avec le très réussi Skying sorti (2011). Insaisissable, l'animal a continué à creuser son terrier jusqu'à atteindre un monde kaléidoscopique, nappé d'ambiances oniriques et de nuages de larsens qui flattent le tympan. Plus d'un groupe s'est perdu en abandonnant les grosses guitares pour les synthés évanescents, mais la bande de Faris Badwan s'en était admirablement bien sorti après cette mue inattendue. Que dire alors de ce Luminious, que certains nous annonçaient comme "plus dansant"?

Et bien tout d'abord, ce qui ressort, c'est que Faris Badwan a décidé d'abandonner sa voix spectrale qui donnait tant de charme aux albums post-punk du début pour un chant plus haut perché. Chose louable puisque ce timbre est plus favorable aux mélodies entêtantes, aux mélopées qui restent collées dans un coin du ventricule gauche de l'auditeur. Seulement voilà, du coup, on perd cette saveur lugubre qui nous avait tant séduits dans les deux premiers monuments du groupe. Ce chant semble plus quelconque, plus insipide. Faris n'a pas le timbre d'un Kevin Parker, d'un Wayne Coyne ou d'un Sean Lennon. Tout au long du disque, il sonne comme un Bono essoufflé qui se contente de coller sa partie vocale sur le fond instrumental. Jamais la voix ne parvient à faire décoller le morceau, à propulser l'auditeur jusqu'aux cîmes olympiennes d'un Skying.

Niveau mélodies, le groupe est clairement en panne d'inspiration également. Au point qu'on a l'impression d'entendre la même putain de chanson pendant 51 minutes, avec ces effets flanger à la The Edge (encore U2, décidément) utilisés comme un fil rouge tout au long du disque. Rien ne transcende, rien n'emporte. Le disque est hanté, mais dans un sens négatif: hanté par l'ennui, hanté par la monotonie. Si Skying était le Alice au pays des Merveilles des Horrors, Luminous est clairement leur Assomoir. Dance ? Je préfère encore bouger mon boule sur le dernier Daft Punk plutôt que de m'emmerder à discerner le caractère entraînant de cet album, qui constitue le premier égarement des Horrors. Et le dernier, on l'espère.


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